Une ingénieufe Artifte- de nos jours , à l’exemple d’undes grands Maîtres que j’ai nommés , a mis en ufageavec luccès les reflets du Soleil qui l’eclairoit, lorlqu elleeffaya de fe peindre. Une partie de fa tête dans la demi-teinte , fert d’oppofîtion à l’ accident d’un rayon de lu-mière qui fait briller le charme de la couleur naturelle.Le chapeau dont elle eft coëffée , autorife ces accidens,& ce qu’on voit, attachant juftement le regard , fait con-noître ce que l’ombre nous cache. &
Les accidens favorables à la Peinture , femblent raresdans la nature , & ne le font point dans les imagination 5fécondes. On pourroit étendre aux circonflances moralesce que j’ai borné dans cet article aux accidens phyfîques.Les pallions font ^intariflables en accidens de tous lesgenres.
Ce font les mines précieufès où le génie puife les plusintéreffantes richeffes ; & fans lui, tous les tréfors desArts relient enfouis ou font mal employés.
ACCORD , ( fubli. mafc.) ÏJaccord. d’un tableau eR-l’effet général & fatisfailànt qui réfulte principalementde la difpolition des couleurs, du choix qu’en fait l’Ar-tilîe , de leur dégradation & de l’harmonie du clair-o.bfcurcombinée avec celle du coloris.
Le Peintre difpofe du coloris, de fon tablead , ainfïque des objets qu’il y place. Il doit avoir déterminé dansfon imagination Yaccord qu’il veut effeétuer, avant decommencer fon ouvrage. Pour fuivre cette déterminationqu’il a prife, il conlùke la nature , il alligne aux r.uan- -ces l’ordre qui leur convient, premièrement, d’après celuides plans fur lefquels il lùppofe chaque objet &, mêmechaque partie de ces objets»