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Tome premier.
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U A N T

foibles, Comme les e/prits. & les talens dont je parle ,tireront des mets /impies. & des idées purement humainesla nourriture & l’exiftence qui leur conviennent.

Il s’eîï élevé, à l’occafîon de Fétude de VAntique,des dilputes dans lefcfuelles. les opinions contradiftoiresont été portées beaucoup, au-delà des bornes de la rai/bn.On a appelle Peintres ou Sculpteurs naturalises ceux quts’en tenoient aux beautés & aux agrémens choifîs qu’ofîrela nature, indépendamment de l’idéal ; les autres ont étédéfîgîiés comme admirateurs & imitateurs exclufîfs'del’Antique. Les premiers rejettoient cette étude , non-feulement comme inutile, mais comme dangereu/e; lesautres ne connoiffoient que l 'Antique pour modèle deperfeçiion, Il e/i en tout un jufîe milieu où la vérité &la raifon nous appellent , ainfi que la fagefTe. H eft boncependant d’exhorter tous les Artifles à l’étude de Y An-tique, qui eâ ju/lement regardé comme le fublime dela perfection ; mais , dans les Arts libéraux , l’exhorta-tion doit ctre relative à ceux qu’on exhorte, & ne doitpas aller jufqu’à la contrainte ; l’intolérance dans les Artseft auffi nuilîbleque dans la fociété. Dirigez le jeune Ar-tille, dont les di/polîtions ne font point encore déve-loppées dans la route des plus grandes perfedions*Faites-lui deffiner des têtes, des parties de figures anti-ques ; s’il ne voit pas dans ces objets ce que le génie ya répandu de fublime, il pourra tout au moins y pren-dre l’habitude de la corredion & de la belle /implicite,Lorfque fon intelligence , fon fentiment lui infpirerontquelque chofe de plus , qu’il fixe , s’il n’e/1 pas à Rome ,un beau plâtre de l’Apollon t, & fi ce que le complé-ment de toutes les beautés ajoute à la beauté ne frappeüi fes fens ni fon ame, s’il n’eft pas enflammé du défît