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Tome premier.
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t66 BAË

» de perfection que nous connoifîons* auquel perfônne» néanmoins n’eff encore arrivé ; & le dix-huitième elî» pour ceux qui, à notre jugement, ont le plus appro-» ché de la perfeétion , comme les plus bas chiffres font» pour ceux qui en paroiflent les plus éloignés.

» Je n’ai porté mon jugement que fur les Peintres» les plus connus , & j’ai divifé la Peinture en quatre» colonnes, comme en fes parties les plus effentielles ;» favoir , la compofition le dejjîn, le coloris & Vex-» preffion. Ce que j’entens par le mot exprejfion, n’efifo pas le caraâère de chaque objet , mais la penfée du» cœur humain. On verra, par l’ordre de cette divifion,» à quel degré je mets chaque Peintre, dont le nom ré-i» pond au chiffre de chaque colonne.

» On auroit pu comprendre parmi les Peintres les» plus connus, plufîeurs Flamans qui ont repréfenté avec» une extrême fidélité la vérité de la Nature , & qui» ont eu l’intelligence d’un excellent coloris ; mais parce» qu’ils ont eu un mauvais goût dans les autres par-» ties, on a cru qu’il valoit mieux en faire une dalleP féparce.

» Or , comme les parties efientielles de la Peinture» font compofées de plufieurs autres parties que les» mêmes Peintres n’ont pas également poflëdées, il elî» raifonnable de compenfer l’une par l’autre pour en faire» un jugement équitable. Par exemple, la compofition» réfolte de deux parties; lavoir, de {'invention SI de la» difpojition. Il efl certain que tel a été capable d’inven-» ter tous les objets nécelfaires à faire une bonne com-» pofîtion , lequel aura ignoré la manière de les dilpofor» avantageu feinent pour en tirer un grand effet. Dans» -le delfin , il y a le goût & la correélion ; l’un peut le