BEA
fceè lignes de vleiileffe réveillent l’Idée d’une expérienceque l’on n’acquiert que par le cours des ans ; If-les yeuXanimés annoncent une vigueur de l’ame, qui réfiffe en-core à la loi du temps & qui s’efl confervée par la fagefle& la modération ; lî la bouche , les lèvres & le fouriren’oppofent aucune expreffion défavorable à celle du calmeparfait d’une ame fans remords & fans craintes, la vieil-*leiîe a droit de prétendre encore au titre de beauté. Maison voit que cette beauté ne pofe plus fur les premièresbafes, & qu’elle, eft du nombre de celles que j’ai nom-mées beauté de convenance, de bienféance & prelque deconvention.
Qu’on ne s’attende pas que cette extenfion puiffèaller jufqu’à la décrépitude. Les derniers momens tropprolongés de l’exiftence de l’homme, ainlï que les pre-miers , ne lont pas même fufceptibles de beauté de con ,vention. Les idées d’une trop grande foibleffe ou d’untrop grand dépérilfement, la privation des proportions quin’exiflent point encore dans une mafle informe qui ne faitque de naître, & qui n’exilîent plus dans une machineprefque détruite , n’infpir'e qu’une forte de -pitié, qu’unetrille commifération , incompatible avec toute idée debeauté ce qui n’empêche pas que, par des exceptions par-ticulières , d’une part, cette maffe à peine animée, &de l’autre , ce corps prefque détruit, n’aient le droit d’ex-citer , relativement aux êtres à qui le fentiment doit lesgendre chers , des fenlations fi latisfailàntes, qu’elles peu-vent fe confondre avec celles qu’occalîonne la beauté:par feffet de cette illulîon relpedable , la décrépituded’un père , d’un ami, d’un homme illuftre & vertueux }a pour un fils, pour un ami, pour un homme qui chéritfe s femblables, une beauté qui ti’eff étrangère qu’auxTome I . P.