BLE
* 5 ?
Il en e£f de même des tableaux, relativement à l’ac-cord des couleurs : les tons font les cordes de l’inftru-ment ; mais une différence effentielle dans Cette compa-tàifon, c’eil qu’on ne peut pas raccorder le tableau , quife défaccorde immanquablement par l’effet d’un tempsplus ou moins long»
Le tableau fe défaccorde comme finftrumént, c’efi-1-dire, quelquefois tout enfemble, & plus fouvent partiel-lement. Alors quelques couleurs qu’on appelle folides ,gardent leur ton , & celles qui le font moins le perdenten s’évaporant ou en noirciffant. Lorfque ces change-mens font parvenus à un certain point, il devient diffi-cile à la plus grande partie de ceux qui s’occupent destableaux de les apprécier, relativement au coloris. LesArtiftes le peuvent encore.. Mais enfin , il arrive untemps. où l’appréciation devient împoffibie , & l’on yfùpplée par l’idée plus ou moins avantageufe qu’on a duMaître.
Cette explication & cettè affimllatiort aurolen't étéplus à leur place au mot Accord; mais né voulant,autant qu’il m’eli poffible , rien négliger de ce qiaïpeut donner des idées précises de l’Art à ceux qui lesdéfirent, je la place ici , & j’ajouterai , pour revenirau mot de cet krticle , que le bleu de PrufTe , qui £êdéfaccorde, aifément, fi l’on ne prend pas des, foins par-ticuliers en l’employant, a l’avantage de fuivre au moinsplus généralement les altérations des autres couleurs. Lebleu, d outre-mer plus inaltérable, ga de plus exadementfon ton ; mats ne fuivant point le changement généralqu’éprouvent les autres Couleurs , il efi , fi fon peutparler ainfi , prefque toujours difcord à leur égard , cequi eft très-fenfible dans des tableaux anciens , dont laTome I, R