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le Public reprendra le goût de petits détails, goût nul-lible aux grands progrès & aux grands procédés de l’Art,plus auffi les Peintres reprendront l’ufage des pinceauxen les fùbflituant à la brojfe ; ce qui les éloignera de lamanière grande & favante d’employer la couleur.
Tout genre a certainement Ton mérite, toute manièred’opérer a quelqu’avantage qui lui elt propre ; mais lors-que la théorie raifonnée eli parvenue à diftinguer ce quiefl meilleur pour la pratique de ce qui efl moins avanta-geux , on peut affurer qu’elle a fait un pas vers la per-fection ; fi l’on rétrograde , on s’en éloigne.
Jeunes Artiftes, qui afpirez à peindre d’une grandemanière, accoutumez-vous à aiguifer le moins que vousle pourrez vos crayons en deffinant, & à vous fervir leplus que vous le pourrez de la brojfe en peignant. Le sgrands Maîtres, en opérant ainfî , ont deffiné finement &peint auffi précieufement qu’il le faut, relativement auxdifférons ouvrages qui les ont immortalifés.
Vous blâmez les Peintres anciens qui, au renouvelle-ment de l’Art opéroient autrement : prenez garde de re-tomber infenfibiement dans les mêmes défauts. Trop mal-heureufement dans nos Arts, nous ne parcourons qu’uncercle plus ou moins grand, & les derniers points de cecercle fe rejoignent aux premiers.
BROYER. Broyer les couleurs ^ ou les matières qu’ontransforme en couleurs pour l’ufâge de la Peinture , c’eftles écrafer , les divifèr, les réduire en poudre & les ren-dre abfolument propres à l’Artifle , en les amalgamant »pour ainfi dire, avec une portion convenable d’huile.
On place les matières con'caffées fur une pierre très-dure & très-polie ; on les écrafe ayec une molette ; on