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Décence. Les idées que renferme le mot décence ,font moins févères par rapport à la peinture que dansles mœurs, parce que la décence que je désigneraifous le nom de pittorefque , eft obligée de fe prêterà un grand nombre de circonftances particulières àl’art.
Mais ce qui doit mettre une mefure jufte aux libertésque peut fe donner l’artifte eft fa propre intention ,enforte qu’on doit adreffer aux peintres ce que les mo-raliftes prefcrivent à tous les hommes : ne vous per-mettez pas, foit dans vos ouvrages , foit dans vos ac-tions & vos difcours , des intentions que vous rougi-riez d’avouer , & vous ferez certainement peu de-mal.
Cependant, pour en revenir à l’art dont je doisparler & aux libertés que le^ peintre peut fe permettreà l’égard de la décence , fi l’artifte repréfente une fêteLacédémonienne, certainement il ne fera pas blâmableen y plaçant des danfes de jeunes filles & de jeunesgens qui n’auront aucun vêtement -, 8c s’il n’a euaucune intention d’abufer de l’occafion que lui offrefon fujet, les regards des fpeâateurs inftruits (fuflent-ils févères , pourvu que leur févérité fort raifonnée &ne foit pas ignorante) ne trouveront rien qui bleffe ladécence pittorefque dans l’image agréable qui les atta-chera.
Si l’artifte repréfente, à l’occafion des fêtes de Bae-chus, les Faunes & les Dryades livrés à une elpèc#