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vrai que les têtes doivent être étudiées d’après naturemême dans les tableaux d’hifloire, il eft vrai aulliqu’elles ne doivent pas préfenter une nature indivi-duelle , mais une nature générale & idéale : il fautqu’elles aient toute la vérité de la nature, & il nefaut pas cependant qu’elles reifemblent à des gens quenous pouvons connoîtrè. Le peintre a manqué unepartie de l’effet qu’il doit produire , fi quand il nousrépréfente Achille , Heclor , Céfar , nous pouvons dire •je l’ai vu quelque pan. Nous ne pourrons nous péné-trer pour des gens de notre connoiifance de ce refpeélque nous impofent les grands perfonnages de l’anti-quité.
Le Titien fut d’abord fymmétrique dans là compo-sition. C’étoit, comme nous l’avons dit en parlant deMichel - Ange, la méthode de fon tems. Sa fécondémaniéré a été plus variée, plus libre : mais, quoiqu’ilait quelquefois bien compofé, on ne peut pas direqu’il le foit fait des principes de compofition : il lem-ble, dans toutes les parties , n’avoir fait que fuivrela nature, fans avoir eu recours à l’art.
» Le Titien , ajoute Mengs, n’a pas montré beau-» coup d’idéal dans fon delîin. Dans le clair obfcur,>5 il en poffédoit allez pour bien concevoir la nature ,» mais il n’en a pas eu autant que le Correge , & fon» clair-obfcur n’eftj pour ainfi dire, qu’ébauché. II» a eu plus d’idéal dans le coloris, & même allez» pour trouver le vrai cara&ere & le jufte degré des» couleurs qu’il a fu bien difpofer : car il n’eft pas 11» facile qu’on le croit de l'avoir quand il faut fe fervir» d’une draperie rouge, ou d’une draperie bleue, &» c’eft une partie que le Titien a merveiileufement