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Tome second.
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les premiers objets de fes travaux , que le peintre élèvefon art à n’être plus feulement une imitation de lanature extérieure ; mais à donner une idée céleftc dela nature de l’homme par la beauté de fes formes , & àfixçr en quelque forte fur la toile, par l’exprefiîon, lefouffle de vie qu’il a reçu de fon auteur. Il s’apperçutque le foin de répréfenter feulement la nature colorée ,appartient à des genres inférieurs de l’art, & que ladeftination du premier genre , celui de l’hiftoire, eftfur-tout de repréfenter ' la nature animée. Il fentit queles genres inférieurs doivent emprunter leurs premierscharmegde la couleur , parce qu’ils font dellinésà plaireaux yîîux , & qu’ils ne doivent négliger aucuns moyensde féduftion, parce qu’ils ne peuvent attacher par au-cun intérêt puiffant ; mais que le genre de î’hiftoiredoit ufer avec modération de ces preftiges, parcequ’ayant affez de dignité pour maîtrifer la penfée, ildoit rejetter tout ce qui peut la diflraire. Mais il nefentit peut-être pas affez qu’elle doit affurer par l’effetl’imprefiion qu’elle veut produite , & que le ton dutableau doit en fortifier l’exprefiïon.

Il employa huit ans à décorer le palais Farnèfe ,ne recevant que dix éçus par mois. Quand l’ouvrage 'fut entièrement terminé, on lui apporta cinq censécus. Le Carrache , né dans la pauvreté , & accoutuméà une vie pauvre , avoit pour l’argent un mépris très-fincère dont il donna plufieurs fois les preuves les moinséquivoques : mais il regarda la foibleffe de la récom-penfe qu’il recevoit comme un témoignage du méprisqu’on faifoit de fes talens , 8 c cette injure le plongeadans une mélancolie qui abrégea fes jours. Il mourutà Rome en 1606, âgé de quarante-neuf ans.

On a fouyent confondu Iss ouvrages des différens