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» fixer l’attentîon des jeunes artiftes , & je crois que*jj ceux qui voyagent devroient prolonger plus qu’ils nejj le font ordinairement leur féjour en cette ville ».
Annibal, entre les grands maîtres , eft compté parmiceux qui peuvent fervir de modèle pour la fcience &la beauté du deflin : c’eft pour cet objet d’étude queles figures feintes de ftuc qu’il a repréfentées dans lagalerie Farnèfe font préférées à lès tableaux. Ceux quile blâment d’être devenu moins colorifte à Rome qu’ilne l’avoit été' à Bologne , doivent cependant recon-noître que c’eft à fa fécondé manière qu’il doit fur-toutle grand nom dont il jouit. Les critiques févères trouventque fon deflin eft trop peu varié dans les formes ; qu’ilexcelloit feulement dans la beauté mâle -, qu’en imitantles formes des ftatues antiques , il en a quelquefoisapproché, mais fans être parvenu à la fublimité desidées & du ftyle qui formoit le caradère des anciens ,en forte qu’il a bien imité l’extérieur de leur manière ,mais qu’il n’a pas pénétré l’intérieur de ces admirablesartiftes , ni les raifonnemens profonds qui les déter-minoient.
Les fuccès 3Annibal 8c fa gloire bien méritée ontpeut-être été nuifibles à l’art. La plupart des artiftesqui font venus après lui , féduits par fon mérite & faréputation , fe le font propofé pour objet de leurs étudesau lieu de remonter principalement aux maîtres quiavoient été les fiens , & qu’il n’avoit pas égaies. Il eneft réfulté qu’eux^mêmes ne font pas devenus les égauxd’Annibal, 8c qu’ils ont chargé fes défauts fans atteindreà fes beautés ; qu’ils fe font plus attachés aux formesqui indiquent la vigueur, qu’à celles qui produifent lagrâce ; qu’ils ont négligé l’exprefiion des affedions
intérieures