Band 
Tome second.
Seite
74
JPEG-Download
 

7é Ê C O

Toujours fidèle au principe d’infpirer au fpe&ateur du-recueillement & non de la diftraétion , il n’a répandudans fes compofnions que des richeffes grandes , nobles8c fimples , de belles malles d’architeélure , & non descrncmens de détail ; de fuperbes payfages & non desjardins de plaifance ; des draperies majeftueufes & nondes parures. On lui a reproché d’avoir quelquefois tropmultiplié les plis, & il n’efl: pas absolument aif-deffusde cette critique.

S’il ne reffemble à aucun moderne , ce n’étoît pas nonplus avec les modernes qu’il avoit cherché à s’établirune concurrence. Il avoit étudié l’art des anciens dansleurs fîatues, leurs bas-reliefs & les veftiges de leurspeintures. Par ce qu’il en connoiffoit, il avoit tenté depénétrer ce qu’on ne peut plus connoître , c’eft-à-dire ,la manière des Apelles & des autres héros de l’art an-tique , leur façon de concevoir, les principes qu’ilss’éteient. formés , 8c d’après ces oblervations & ccsméditations, il trayailloit à faire revivre la peinturedes anciens. Nous fommes loin de vouloir déprimer labeauté des parties que les modernes ont ajoutées à lapeinture , & qui parpiflent avoir été abfoltiment incon-nues des anciens : mais quand on penfe à l’extrêmeprofondeur de jugement qu’ont montrée les Grecs danstoutes les choies fur lei’quelles nous pouvons les juger,on eft tenté de croire que les beautés dont ils n’ontpas fait choix n’étoient que des beautés inférieures quiauraient nui à celles dont ils faifoient les objets de-leurs travaux , & l’on n’efl: pas loin de prononcer quele Pouffîn , en cherchant à reffiifciter l’art pittorefque-des Grecs, a ouvert aux artiftes la plus belle route qu’ilspuifTent fe propofer de fuivre.

Mais j éloigné de la France, &plus admiré qu’imité r