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<àu Jugement dèrnier d’iine belle compofitîon & d’ùtfdétail immenfe. Les femmes fur-tout y font délicatementpeintes , & lès carnations en fônt agréables & vraies.
On voit , par cet ouvrage , avec quel foin il avoit étudiéla nature. Si l’on fç plaint que fes figures tranchenttrop durement avec les fonds, fur-tout du côté de lalumière , il faut lui pardonner ce défaut qui e-ft plutôtcelui du tems où vivoit l’artifte qu’ün vice qui lui fdt\particulier. Ses tableaux en général font bien peints , Stle fini le plus-foigné n’y nuit pas à la légèreté de la tou-che. Sa couleur eft fraîche , fes compofitiôns richesfës ordonnances variées , fes payfages bien touchés.
Le travail opiniâtre de Lucas-fut récompenfé par lafortune. Il fit fomptueufement le voyage de la Flandre& de la Hollande pour voir les artiftes dont il ne con-noiffôit que lés talens, & leurdônna dés fêtes à Mid^delbourg, à Gand, à Malines, à Anvers. On croit quedes peintres jaloux de fa réputation l’émpoifdnnèrent àFleffingue ; on fait du moins qu’il ne mena depuisqu’iine vie lânguiflante ; mais le véritable poifoh qui luidonna la mort fut peut-être l’application exceflive qu’ilavoit prife dès fôn enfance. L’état dé langueur auquelilétoit réduit ne put le forcer au repos, & quand iln’eut plus la force de fe lever, il commua fès travauxdans fon lit. Il'mourut en 1533 , à l’âge de trente-neufans, n’ayant joui que d’une courte vie fi on la mefureau nombre de fés années, mais d’une vie fort longue fion la mefure au nombre dé fes ouvrages. Quoique îanature ne lui ait guère accordé que la moitié de la vieordinaire des hommes , il exerça pendant trente ans feSta.Isns déjà formés, & c’efir à-peu-près .tout 1® temps que '
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