2Q6 E S <3 «
eft fujette auffi à des défauts inféparables de la rapi-dité avec laquelle elle a été conçue ; VéfquiJJè quifuivra ce premier, deffin offrira les effets d’une imagina-tion déjà modérée. Les autres marqueront enfin la routeque le jugement de l’artiffe a fuivie & que le jeuneélève a intérêt de découvrir. Si, après ce développementd’idées que fourniffent différentes efquijfes d’un grandmaître , on examine.les études particulières qu’il a faitesfur la nature pour chaque figure, pour chaque mem-bre , pour le nud de ces figures, & enfin pour leursdraperies, on découvrira la marche entière du génie& ce qu’on peut appeller l’efprit de l’art. C’eft ainfique les brouillons d’un auteur célèbre pourroient fou-vent, mieux que des traités , montrer dans l’éloquence& dans la poéfie les routes naturelles qui conduifentà la perfeftion.
Pour terminer la fuite d’études & de réflexions que jeviens d’indiquer, il eff enfin néceffaire de compareravec le tableau fini tout ce que le peintre a produitpour parvenir à le rendre parfait. Voilà les fruits qu’onpeut retirer, comme artifle, de l’examen rai Ton né descfqui fie s des grands maîtres. On peut auffi, commeamateur, trouver dans cet examen une fource intariffa-ble de réflexions différentes fur lecaraélère des artiffes,fur leur manière & fur une infinité de faits particu-liers qui les regardent. On y voit quelquefois, parexemple , des preuves de la gêne que leur ont impoféeles perfonnes qui les ont employés , & qui les ont forcésà abandonner des idées raifonnables pour y fubflituerdes idées abfurdes. La fuperftition ou l’orgueil desprinces & des particuliers ont fouvent produit, par lamain des artifles , de ces fruits extrayagan* donc il fè-