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Pour parvenir, s’il eft. pofïïble, à concevoir en partieles caufes de ce miracle de la peinture, il eft néceffairede fe fixer à deux obfervations.
La première , que l’union de l’ame 8c du corps eftfi intime, qu’il n’exifte pas un moment où, dans unêtre animé , le corps ne participe pas des affeflionsde l’ame , puifque même la vie n’eft fenfible que parcette participation réciproque & continuelle.
La fécondé, que la peinture , bornée à ne repréfenterqu’un inftant, peut parvenir cependant à rappeller l’idéede cette aâion & de cette réaélion continuelle de l’ame& des fens , dont l’habitude eft telle pour nous , quenous en avons fans cefie l’idée , ou la confcience ; maiscomment la peinture en tire-t-elle avantage ? C’eft quel’efprit humain qui, dans un continuel mouvement,pafle fans ceife du pafle au préfent, & du préfent àl’avenir, ne peut fixer la repréfentation bien faited’une aâion inftantanée, fans mêler à l’idée qu’il enprend, des idées antérieures & fur-tout des idées pofté-rieures. Cette ondulation devient d’autant plus rapide ,que l’objet eft mieux repréfenté ; & l’efprit qui n’eftlui-même que mouvement, dès qu’il eft excité par unepremière illufion , fait participer idéalement la figurebien imitée au mouvement qui lui eft propre.
Mais après avoir parlé de l’obligation où eft le peintrede provoquer ces effets magiques , en s’attendra peut-être à trouver ici tout au moins quelques indications dece que, dans la pratique , il doit faire pour la remplir.*j’ai dit qu’il eft infiniment difficile & peut-être im-poffible de conduire à cet égard la main de l’artifte.
En effet, s’il eft dans la peinture des procédés plusou moins méchaniques, plus ou moins fufceptibles de