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9 fe traînoit avec peine vers le lieu où le hafard allait» en décider. Sa main fe refufoic à l’aélion qui dévoit» l’en inftruire : il ne fe failïffoit qu’en frémiffant de» la balle fur laquelle fa deflinée étoit écrite , 8 c la» crainte & l’effroi l’emportant fur le defir d’étre tiré» d’une incertitude cruelle , dans laquelle il auroic» alors préféré de demeurer, iljettoit loin de lui , &» avec une forte d’horreur , cette balle auffitôt qu’il» l’avoit prife, & ne s’informoit pas de ce qui pou-9 voit en réfulter pour lui de confolant ou de fu-9 nefte. X\
» Un autre s’avançoit avec cette audace qu’infpirentj» quelquefois les grands dangers ; mais après s’être» affuré par lui-même de la faveur du fort, il tomboic» dans la fituation d’un homme épouvanté du feul fou-» venir du péril imminent auquel il étoit échappé.
» Plufieurs s’offroient au coup avec une réfolution» qui dans les uns tenoit du défefpoir, & pouvoit être» dans les autres l’effet d’un véritable étourdiffement.
» Entre ceux que le hafard rendit à eux-mêmes ,» quelques-uns montrèrent une tranquillité que je9 n’envifageai pas néanmoins comme une exemption9 entière de tout trouble; cette tranquillité, plus» froide dans quelques autres , me repréfentoit cet état9 d’indifférence qui eft plus voifin de la trifteffe que9 du plaifir. J’en contemplai beaucoup dont le conten-» tement fe manifeftoit par des larmes plus ou moins» abondantes : d’autres rioient, & verloient à là fois» des pleurs ; d’autres encore faifoient malgré eux des» cris, des fauts & des éclats de rire. L’équilibre dès» vibrations étant en effet rompu, l’empire de la vo-» lonté eût été certainement trop foible pour balancer
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