F.L E ÿ2%
Maurois dû ne pas oublier fans doute la célèbre Me-rlan , & je pourro'is lui comparer encore une émulequi, dans une claffe plus diftlnguée , entraînée par unpenchant aufii yif, douée de talens & de grâces j pafleles plus doux inftans de fa vie à cultiver des rofes pourles peindre, & à chérir ua art qu’elle fait aimer.
Après avoir parlé desartiftes , il eft néceffaire d’entrerdans quelques détails qui conviennent à ceux qui veu-lent les imiter.
Lorfque les fieuts étoient regardées comme des ob-jets abfolument inanimés, on pouvoit fe contenter, enles peignant , d’une imitation froide de leurs formes& de leurs couleurs. Mais aujourd’hui que ceux quïles oblervent ont furpris en elles des impreffions prefoqu’intelligentes ; aujourd’hui qu’on en voit quelques-unes fuir avec une forte de pudeur la main indifcrettetqui fe hafarde à les toucher, d’autres fe pencher pours’imbiber des particules de l’air, ou faire briller leurscharmes à l’éclat du jour, ouvrir les beautés de leurfein à la lumière , les refermer trîftement quand elleles abandonne , & charmer par le fqmmeil l’ennüi defon abfence -, prefque toutes enfin s’unir par des re-lations fympathiques, & n’être pas étrangères à quel-ques-unes des fenfations que la nature accorde auxanimaux : 1 es^fleurs exigent que les imitations qu’onen fait donnent une idée de mouvement, on oferoitprefque dire d’une impreffion relative aux circonftancesqui les modifient.
Au relie , l’imitation des fleurs peut être confidéréefous deux afpeâs ; fous l’un elle eft étendue & appro-priée à l’art pris dans fon fyftême le plus général Jfous l’autre elle fe renferme en elle-même fans fe mêief
X ij