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Soit que Je peintre doive repréfenter un fujet gravé»tragique ou plaifant ; foit qu’il traite une fcène ren-fermée ou en plein air ; l'oit qu’entre les parties dujour il choififfe le matin ou le foir ou la nuit ; dansquelque lieu, dans quelque fiècle que fes figures doi-vent être {uppofées, le fond de fon tableau peut con-tribuer à lui donner le caraélère le plus convenable.
L’artifte raifonnable fe reconnoît dans le choix dufond. Veut-il peindre des folitaires au milieu de leursrochers , il ne montre que des pins ou des chênes ; leciel même eft coupé de nuages fouettés & de maflestranchantes. Les rofiers, les myrthe's doivent meublerune campagne habitée par la Déeffe des Amours oupar de tendres Bergères ; alors des nuages légers an-nonceront la pureté de l’air qu’on y refpire. Si l’artifteétablit fon aélion près d’une ville aiïiégée , il faut quepar-tout l’herbe ait été foulée aux pieds des chevaux :montrer fur ce théâtre de défaftres des arbres fur pied ,des plantes vertes & fraîches,des prairies émaillées , ceferait une ineptie rebutante.
Un homme un peu inftruit place Alexandre dansun temple orné des ordres de la Grèce, & Numa dansun lieu paré d’ornemens & de ftatues d’un genreétrufque ; les derniers Empereurs & nos premiers Roishabitoient l’architeâure dégradée du bas empire, ondoit les y placer -, & ceux du huitième ou dixièmefiècle habiteront des palais d’une architeélure go-thique. Enfin le fond doit contribuer , comme tout lerefte de l’ouvrage , à foutenir le caractère du fujet.
.. fervetur ad imum
Qualis ab incepto procejferit. .
Horace, Art. Fort.