G R A
dinâge quî fait le charme de la pointe. Il n’a pointobtenu à cet égard les applaudiffemens de la poftérité ,& les connoifleurs préféreront toujours à fes travauxun peu comparés la ragoûtante négligence de la Belle.I.es deffins de Callot font recherchés ; on y trouveencore plus d’efprit que dans fa gravure.il n’étoit pasfacile à fe contenter lui-même dans fes ouvrages capi-taux , & l’on fait qu’il a fait au moins quatre defîxnsarrêtés de la tentation de Saint-Antoine avant de graverce fujet. Cette eftampe, celle de la grande rue daNancy, fes foires, fes fupplices, fes misères de laguerre, fa grande & fa petite paillon , fon parterre ,fon éventail, font regardés comme fes chefs-d’œuvre.Ses talens lui ont fait la plus grande réputation ; iln’en mérite pas moins par fon courage. Il eut la gloirede réfifter à Louis XIII, ou plutôt au Cardinal deRichelieu à qui rien ne réfiftoit. Les François avantpris en 1331 la ville de Nancy fur le Duc de Lorraine,fouverain de Callot, le roi ou fon miniftre voulut qu’ilgravât cette conquête comme il avoit déjà gravé laprife de la Rochelle : mais l’artiile refufa de confacrerpar fes talons l’humiiiation de fon Prince , & réponditqu’il aimeroit mieux fe couper le pouce , que d’em-ployer fa main contre l’honneur de f#n fouverain Stde fa patrie. Il mourut en 163 j.
(35} Antoine van-Dyck, très-bon peintre d’hîfloire,& le plus célèbre des peintres de portraits , né à Anversen 1J99, &: mort dans la même ville en 1641, a gravéà l’eau-forte avec un fentiment' qu’on potirroit appellerde l’enthouftafme. Peu curieux de la propreté , ne re-cherchant pas même ce qu’on appelle l’efprit de lapointe, il animoit tout par une touche mâle & sûre.Sa tête de Vorflerman, celles de François Franck, de
1