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grands maîtres , & qu'on fe plaifoit à les voir fe re-produire par la gravure. Mais dans le fiècle fuivant,on n’eut de goût que fuivant la mode , on ne recher-cha que les ouvrages à la mode , & la mode eut toutel’inconftance qui forme fon caraélère. Il en réfulta queles graveurs furent obligés de fe prêter au caprice gé-néral pour fubfifter , & que plufieurs d’entr’eux qui feferoient distingués par leurs talens , fi les circonftancesles euflent fécondés, n’eurent pas même dans toute leurvie l’occafion de faire un ouvrage capable de déve-lopper leurs difpofitions. Sans parler de modes plusfubalternes, on a vu naître & mourir celle des mafca-rades de Watteau , celle des jeux d’enfans de Chardin ,celle des paftorales de Boucher , celle des vues & desmarines, &c. Que pendant la durée de ces modes quile font fuccédées fans interruption , un graveur eût pu-blié une eftampe d’après Raphaël, le Pouffin , le Do-miniquin , le Carrache , &c. il n’eût pas trouvé d’ache-teurs. Les amateurs feuls peuvent nourrir les arts , &fouvent leurs caprices les tuent. Cars lui-même n’arien gravé d’important après fa jeuneiïe, & j’ai vu Ni-colas Dupuis obligé de graver des eftampes auxquellesil ne mettoit fon nom qu’en rougiffant.
( 133 ) Pierre Subeeyras , né à Uzès en 16519, mort àRome en X749, eft du nombre des peintres qui ontmanié la pointe avec le plus d’efprit & de goût. Sestravaux font d’un excellent choix, fans qu’il paroiffes’être occupé de les choifir. Il n’eff pas néccflairs dçciter d’autres preuves de fon talent en ce genre , quefon eau-forte du repas chez le Pharifien.
(134 Thomas Worlidge , néàPéterboroug en 1700,mort à Hamershmith en 1766, étoit peintre & s’@ft