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Suiffe fa patrie. Ses idylles font en générai d’un genrequ’il a créé & que l’antiquité n’a pas connu •, elles joi-gnent aux charmes de la poéfie le mérite d’infpirerles vertus les plus douces. Geffner étoit en même-tempspoète, imprimeur, delfinateur, graveur, & il fe fitpeintre dans les dernières années de la vie. J’ai fous lesyeux les eftampes dont il a orné l’édition de fes idyl-les, donnée à Zurich en 1773. Sa pointe eft agréable,fpirituelle, badine & ragoûtante. Souvent on defireroitplus de correSion dans le defiin de fes figures , plusde beauté, plus d’exprellion dans les têtes ; mais engénéral fes compofitions font heureufes & naïves. L’ef-tampe qui précède l’idylle de Daphnis & Chloë , lebas-relief qui eft à la tête de cette idylle , celui quitermine celle de Damete & Milon , & plufieurs autresmorceaux pourraient être avoués par des artiftes qu’au-cun autre talent n’auroit détournés de leur art. Ilfavoit s’aider du burin & de la pointe - sèche pourdonner l’accord & l’effet à fes gravures. J’ai vu de festableaux. Peut - être le mérite touchant du poète agit-ilfur l’imagination de ceux qui les admirent : mais ondoit avouer au moins que fes fîtes font heureufementchoifis & que fa couleur a de la vérité.
(ijo) William Woilet, né a Maidftone en 173y,mort à Londres en 17S5, fe donna principalement à lagravure du payfage, & joignit un excellent goût àune grande vigueur de ton, & à une grande propreté.Ses eaux font gravées dans la manière dont Baléchou«voit donné le modèle , & que Wollet a perfectionnée :fes roches ne pourraient être mieux' traitées, fon feuïllé,fes troncs d’arbres font très-pittorefques. Il fe fervoitd’une forte échoppe pour graver les arbres, les ter-