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Dans ce fiècle où l’on prodigue les grottefques fanschoix &, fans difcrérion, on pourra trouver extraordi-naire ce que je viens de dire fur leur emploi, dans lefeu] article de cet ouvrage où je pouvois encore enparier : mais on n’a qu’à lire le paifage de Vitruve queje rapporte ici en entier; on verra que mon opinionfur les grottefques ou arabefques n’eft ni unique ninouvelle, & que c’étoit celle d’un Romain , qui écri-voit dans le beau fiècle d’Augufie, 8c à qui jamais on.n’a contefté le bon goût.
» Cependant par je ne fais quel caprice, ditfil,» on ne fuit plus cette règle que les anciens s’étoient» prefcrite de prendre toujours pour modèles de leurs» peintures les chofes comme elles font dans la vérité ;» car on he peint à préfent fur les murailles que des» monftres extravagans , au lieu de chcfes véritables» 8c régulières. On met pour colonnes des rofeaux» qui foutiennent un entortillement de tiges , de» plantes canneîlées avec leurs feuillages refendus 8c» tournés en manière de volutes. On fait des chan-» deliers ( 1 ) qui portent de petits châteaux , defquels,» comme fi c’étoient des racines,, il s’élève quantité» de branches délicates fur lefquelles des figures font» affifes : en d’autres endroits , ces branches abou-» tiffent à des fleurs , dont on fait fortir des demi-» figures , les unes avec des vifages d’homme, les» autres avec des têtes d’animaux. Ce font des chofes» qui ne font point, & qui ne peuvent être, comme» elles n’ont jamais été ; tellement que les nouvelles
( I ) Le mot candélabre , en ufage depuis Perrault, rend miensle canielabrum des Latins quenotte chandelier.