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Tome troisième.
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MIS 19

Quant à ceux qui penferoient que la perfeélion oula vérité phyfique de quelque imitation que ce foit ,efl: ce qui doit décider feul du degré d’eftime quemérite un ouvrage de peinture , leur opinion fe peutréduire à ceci : des animaux repréfentés avec uneparfaite vérité, offrent un tableau qui a une plus grandeperfeélion d’imitation qu’un fujet hiftorique impar-ifaitement repréfenté. Il eft impoflible de leur donnerun plus grand avantage ; mais fi vous admettez uneperfeélion égale, les difficultés vaincues par le Peintred 'hijloire , je le repète encore , l’emportent tellementfur celles qu’a eu à furmonter le Peintre de genrequ’on ne peut balancer à décider pour le premier.

Si l’Artifte de genre infiftoit, en obfervant que lePeintre , qui parvient à faire une plus exaéle illufion ,efl: celui qui doit l’emporter , puifqu’il exerce unart, dont l’objet eft de tromper ; on pourroit alorseppofer les genres les uns aux autres , & l’on prou-veroit aifément que les objets les plus communs,repréfentés par des efpèces d’ouvriers en peinture,trompent quelquefois plus complettement, en prenaitce terme dans fon fens propre, que ne peuvent ja-mais faire tous les genres les plus eftimables. En effet ,une canne peinte 8c fuppofée attachée par un clou àune muraille, engagera même un artifte à avancer lamain pour la prendre. Certainement, jamais l’animalle plus parfaitement peint, ni à plus forte raifon unfujet d 'hijloire , un payGage, n’ont pu occafionner unefemblable illufion.

En voilà allez, je crois, pour mettre au moins fur lavoie de cette difeuffion ceux qui ne font pas affezkiftruits pour effayer d’y prendre parti. Mais j’ajou-