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connu, il n’eft pas moins néceffaire qu’il (oit rendu d’uftlmanière diftinéte, (impie & vraie, afin que l’attem jtion du fpedateur ne fe trouve ni embarraflee ni divifée,Lorfqu’on entend faire le récit d’un évènement, on fe jforme aufli-tôt dans l’efprit une idée de l’aélion 8c dt jl’exprelfion des perfonnages dont il eft queftion. Le !talent de repréfenter ce tableau idéal fur la toile eft ci jqu’en peinture on appelle invention. Comme dans la {conception de ces fortes de peintures idéales qui for* *ment l’ invention, l’efprit n’entre pas dans tous les dé-tails minutieux des draperies , des accefloires & dalocal, de même le peintre, pour repréfenter cette in- fvention par les moyens de fon art, doit rendre tous [ceux de ces accelfoires qui font néceflaires au fujet,de manière qu’ils ne frappent pas plus les fpeélateurs,qu’ils n’ont frappé fon imagination quand il a conçu lefujet dans fa penfée.
Je conviens qu’en entrant dans les circonfttances &les particularités d’un fait, on donne fouvent un aitde vérité au tableau, 8c que, par confcquent, on enrend l’inrérêt plus grand pour le fpeâateur. On ne peutdonc pas rejetter tout-à-fait ces détails ; mais fi quelquepartie de l’art demande de l’intelligence & de l’atten-tion , c’eft fans doute la manière d’employer ces petit»détails qui tiennent aux circonftances du fujet, & qui)fuivant le choix & l’emploi bons ou mauvais qu’on enpeut faire, deviennent néceffaires à la vérité dei’niftoire, ou nuifibles à la grandeur du fujet quel’on traite.
Il refte toujours vrai que l’erreur la plus ordinaire8c la plus dangereufe eft de trop s’occuper des détails :ainfi je penfe que c’eft au défaut dans lequel on tomb e
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