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Jiiîère ; maïs ils évîtoïent de fuppofer leurs figures dansdes fituations où les mouvemens de l’ame euffent ététrop nuifibles à la beauté des traits. Ceux des artiftesmodernes qui font nés avec une ame douce & calme,ont le plus approché des anciens dar.s cette partie del’art. Si les circonftances dans lefouelles a vécu Ra-phaël ne lui ont pas permis d’égaler en tout l’auteurde l’Apollon du Belvedere , on peut dire cependantque l’ame de l’artifte d’Urbin , avoit de grandes con-formités avec celle du ftatuaire Grec.
Les anciens dans la manière dont ils exprimoientles paflïons, avoient une autre vue que celle de mé-nager la beauté. Ils auroient craint de choquer la dé-cence, en ne donnant pas à leurs figures une a$ioncalme & tranquille. Ils prêtoient bien à certainesfigures cet air de légèreté par lequel elles fembloiençmoins marcher fur la terre, que planer dans le*cieux; mais ils ne leur auraient pas donné cette mar-che précipitée qui fuppofe un effort, qui détruit lanoblefle extérieure , & qu’ils regardoient commeimmodefle Sc ruftique. L’exemple de la figure d’Atâ-lante n’efl pas contraire à ce principe : elle courtavec la légèreté du vol , & fans que la rapidité defon mouvement paroifle la pouvoir fatiguer ; fa beautén’eft point altérée, parce qu’elle ne fait pas d’efforts.Enfin les anciens ne donnoient de mouvemens forcésqu’à des efclaves.
Winckelmann , qui nous fournit cet article , remar-que qu’ils obfervoient cet extérieur jufques dans leursfigures danfantes. On trouvera dans les antiquitésd’Herculanum des exemples qui confirment l’opinionde l’ingénieux antiquaire. Il penfe même que les mou-
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