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étoient pleins d’adreffe ; comme hommes, ils n’étoîetiCque médiocres.
Nous allons extraire ici littéralement ce qu’ortlit fur les pafliches dans L’idée du peintre parfaitouvrage imprimé avec les œuvres de de Piles &: cellesde Felibien.
Un peintre , dit l’auteur , qui veut tromper decette forte, doit avoir dans l’efpric la manière & lesprincipes du maître dont il veut donner l’idée , afind’y réduire fon ouvrage , foit qu’il y faffe entrerquelque partie d’un tableau que ce maître aura déjàfait, foit que l’invention étant de lui, il imite aveclégèreté non feulement les touches, mais encore le goûtdu delïïn & celui du coloris. Il arrive très l'ouventque le peintre qui fe propofe de contrefaire la ma-nière d’un autre , ayant toujours en vue d’imiter ceuxqui font plus habiles que lui, fait de meilleurs tableauxde cette forte que s’il produifoit de fon propre fond.
•Entre ceux qui ont pris plaifir à contrefaire ainfi lainanière des autres peintres, je me contenterai de nom-mer ici David Teniers , (* ) qui a trompé & qui trompeencore tous les jours les curietix qui n’ont point étéprévenus fur l’habileté qu’il avoit à fe transformer enjBaflan & en Paul Vércnefe. Il y a de ces paflichesqui font faits avec tant d’adreffe , que les yeux mêmeles plus éclairés y font furpris au premier coup (d’oeil :mais après avoir examiné la chofe de plus près, ilsdémêlent auflitôt le coloris d’avec le coloris & lepinceau d’avec le pinceau.
{*) David Teniers, le jeune, plus célèbre que fon père. Ilimitoit les maîtres d Italie & ceux de Flandres. Il a fait des pafl2-iches que l’on prend pour des originaux de Rubçns.