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Tome quatrième.
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Michel - Ange étoit jaloux de Raphaël ; il crutpouvoir lui oppofer un rival redoutable, s’il parve-noit à fe lier avec Sébaftien,. &• à guider, pour lapartie du deflin, ce peintre qui avoit .pris dans l’écolede Giorgion une couleur vigoureufe & féduifante.Sébaftien qui avoit, aufli l’orgueil d’être jaloux deRaphaël, fe laifla facilement attirer dans le parti de iMichel-Ange , & dès lors fes tableaux, furent célèbresavec autant d’excès que d’affeélation par ce grandartifte. Michel-Ange ne fe contenta pas de le louer;on croit qu’il traça lui - même de fa main le Chrifl:mort que peignit Sébaftien , & que celui-ci n’eut quela peine de le colorer. On en dit autant d’une cha-pelle qu’il peignit à San Pétro in Montorio & quiacheva fa réputation. Mais l’union de ces deux artiftes.n’étoit pas fans inconvénient ; le Vénitien gêné par le,trait du Florentin qu’il devoit fuivre , perdit cetteliberté qui eft néceffaire aux coloriftes, tomba dans,une manière froide & îechée, & par ce défaut, de-vint peu propre à fervir la jaloufie de Michel-Ange.

Il peignit encore, fur le deflin du même artifte,une réfurreélion du Lazare en concurrence avec Ra-

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phaël qui peignoit la transfiguration ; mais il ne fitpar fa défaite qu’ajouter à la gloire dir vainqueur.On fe contenta de rendre juftice au coloris du vaincu.

Michel - Ange , après la mort de Raphaël, n’eutplus les mêmes raifons de ménager Sébaftien; celui-cieut l’imprudence de contrarier l’impatient Michel-Ange. Ils fe brouillèrent, & Sébaftien, à qui fouoffice du plomb procuroit une fortune honnête , quittala peinture pour la poëfie.

Il ayolt toujours été lent, irréfolu , pareffeux , &

M iij.