Band 
Tome quatrième.
Seite
448
JPEG-Download
 

'44$ P È î

premier peintre de cette reine ; mais îé premief pein-tre n’eut à fairè que des portraits, nouvelle diffrac-tion aux conceptions fublimes du peintre d’hiftoire.Il fit le portrait de Chriftine à cheval : cettè reinelè décora de la qualité de fon envoyé pour préfèhtercet ouvrage au roi d’Efpagne. Bourdon prit fa routepar Paris -, & il y apprit que le vaiffeau. chargé duportrait avoit fait naufrage , que Chriftine avoit em-braffé le catholicifme , qu’elle fe préparoit à quitterla Suède. Les troubles de la fronde étoient calmés * iltrouvoit de l’occupation & fe confola fans peine de lafortune qu’il avoit perdue. Ce fut alors qu’il fit, pourle maître - autel dé la paroiffe de Saint Benoît, unChrift mort aux pieds de la Vierge, ouvrage quifuffiroit pour juftifier la plus grande réputation. Aptès■un voyage à Montpellier, où il fe tranfporta avectoute fa famille , & où il laiffa des ouvrages confidé-ïables, il revint à Paris, 8c y travailla moins pourles François que pour les étrangers. Il peignit cepen-dant la galerie de l’hôtel de Bretonvilliers , & déployadans cet ouvrage la facilité du fon génie : mais cethôtel devint par la fuite l’un de ceux des fermes ,& les peintures y font tombées dans le plus granddélabrement.

Bourdon avoit reçu de la nature un très beau géftie,une très riche imagination : mais fa vivacité natu-relle ne lui permettait pas d’apporter à feS ouvrageseette réfléxion profonde qui donne tant de prix àceux de Raphaël , du Pouffin , &c. elle ne lui laiffoitmême pas la patience de terminer fuffifismtnerit cequ’il avoit conçu. Il falloir que fes penféés fulfêntjettées far 4a toile comme des traits de feu, & les

morceau»