Band 
Tome cinquième.
Seite
130
JPEG-Download
 

P O M

fur de (impies Brancards. Souvent on plahtolt à côtédu leâique des branches de cyprès, arbre funèbre& lÿmbole de la mort, parce qu’il ne renaît pointaprqî avoir été coupé. On plaçoit aufli près de laporte un vafe rempli d’eau luftrale, apportée d’une«îaifon que la mort n’avoit pas vilitée. Tous ceuxqui venoient rendre au mort. les derniers devoirsdans fa maifon avoient foin en forçant de s’afpergerde cette eau , pour fe - laver de la fouillure qu’ilsavoient contrariée en entrant dans une maifon deve-nue impure par la préfence de la mort.

La famille, les amis fe rangeoient autour du corps.Des chantres entonnoient des vers funèbres, qu’unxnuücien accompagnoit du fon d’une trompette qu’iltenoit .inclinée vers la terre : aux convois des per-fonnes expirées dans la fleur de l’âge, on fe fervoitde la flûte, au lieu de la trompette. Les femmesfe livroient aux pleurs & .aux lamentations. Homèrerepréfente Andromaque , Hécube , Hélène pleuranttour-à-tour Heftor. Pour ajouter encore à la trifteflede la cérémonie on louoit des pleureufes à gage, quin’avoient d’autres métier que de vendre leurs larmes.Elles les recevoient, dit-on , dans de petits tabliersde cuir & les verfoient enfuite dans des urnes lachry-matoires qu’elles rempliflbient quelquefois à moitié.Si cela eft vrai, on peut bien croire qu'elles neparvenoient pas fans fupercherie à fournir une figrande abondance de larmes.

On ne fe contentoit pas de pleurer les morts : ceux■des afliftans qui leur vouloient témoigner plus parti-culièrement leur tendreffe, s’arrachoient ou fe cou-doient des cheyeux & leur en faifoient hommage.

*

i