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Le dellinateur la Fage, dont les deffitis «e fontfoutenus que de quelques hachures faites à la plumeou d’un peu de lavis, avoit une prodigieufe pratiquedu deflin. Sans voir la nature, 8c n’ayant d’autre at-telier qu’un cabaret, il mulciplioit fur le papier desfigures d’un grand cara&ère, & l’œil avoit en quel •que force de la peine à fuivre fa main. Toujours dansla misère avec un talent rare, c’étoit fouvent avec undelîin fait fur le comptoir du cabaretier, qu’il payoitfon écot.
On s’exprimeroit d’une manière bien peu conve-nable, fi l’on difoit que Raphaël, que le Poufiinavoient une belle pratique de comjofition. Ces grandsartiftes ne compofoient point par habitude ; mais parla plus forte contention de leur efprit. Tout ce qu’ilsportoient fur l’enduit, fur le paneau, fur la toile,écoit profondément réfléchi. Mais qugnd on parlede ces peintres d’apparat, de ces peintres de grandesmachines qui fe propofoient furtout de couvrir unvafte champ de figures difpofées de manière à plaireaux yeux, on peut, fans les offenfer,. dire qu’ilsavoient une grande pratique de compofition. L’habi-tude de difpofer des figures par grouppes, d’en varierles attitudes , fans chercher fi ces attitudes étoientbien celles qu’exigeoit l’aftion, de les faire contraflerentr’elles, de les ordonner de façon qu’elles puflentrecevoir avantageufement la lumière, ou en êtreprivées; cette habitude étoit, dis-je, ce qui les con-duifoit dans leurs compofitions trop admirées : 8c leursmagnifiques ouvrages , étoient plutôt le fruit d’unegrande pratique que de la conception. Luc Giordano,Solimène, Stbafiien Conca, pourraient être nommésdes coHipoliteurs de pratique.