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Le vrai, c’eft que Ÿart n’a pu fe montrer avanta-geufement, & n’a pu plaire, qu’après les efforts raf-femblés de l’induftrie humaine ; efforts foutenus pen-dant une fuite de fiècles. La peinture & lafculpture,portées au genre fublime , font' pliis loin de toutes lesdil'pofitions que l’homme peut apporter pour l’imifa-tion, que les dons naturels pour la parole , ne foneéloignés des talens perfeûionnés du poëce & del’orateur.
Les nations les plus fauvages ont etl leurs chantres,leurs légiflatëurs & leurs prophètes; & quelquefois fan*avoir eu de communication les unes avec les autres.Mais l’art, né en un lieu , & fouvent du hafard ,n’a pu fe répandre & croître en force & en beauté,fans avoir été perfeâionné par des générations fuccefîi-ves & fort multipliées.
Faut-il s’en étonner ? Pour montrer des objetspalpables, & les choiftr avec une délicatelfe qui lesrende prdpres à charmer, nous devons raffembler tans
aider 1 faire cette diltinâion. La loi d’Egypte qui défendoit auxartiftes de s'écarter en rien de ce qu’avoient fait leurs prédecefTeiixi ,«xpliquel’état d’immobilité qu’éprouvèrent les arts dans cette contrée.Enfin, fuivant les règles de la faine critique, le témoignage de Platonqui avoit vu l’Egypte, qui avoit pu y comparer avec les gens dupays les ouvrages qui pairpient pour avoir une grande antiquité, 8cceux qui fe faifoient fous fes yeux, «e témoignage, dis-je, a plusde poids que les conjeftures contraires que pourroient fe permettreles modernes, & fuffit pour leur interdire ces conjectures. On peutfeulement qe pas prendre i la rigueur le terme de dix mille ans donnépar Platon aux anciens ouvrages de l’Egypte, & regarder ce termecomme l’cxpteffion d’une antiquité «ès-mtllée. ( Note du Rtdat-ttur.