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Piigiet, Vous étiez nés avec cette fenfibilité précieufe :& n’eurtîez-vous poiTédé ni raifonnement , ni inven-tion , je crois , quand je vois vos ouvrages , quevous eulfiez produit des chefs - d’œuvre par cet arcadorable de faire pa(Ter involontairement votre amefur la toile ou fur le marbre !
Lorfqu’à une imagination fertile, il fe joint un ca*raélère nerveux, noble & fier ; lorfqu’avec un fenci-ment vif & perçant, qui pénétre l’ame des Objets lesplus fublimes, & de leurs afpeâs les plus éclatans,on pofféde encore le courage propre au travail le plusperfévérant ; alors, c’eft un aigle qui voit, s’élance& atteint toutes les diftances. Tels furent les doisqu’a raflemblés le divin Michel - Ange. Mais ce feudévorant qui l’animoit & le portoit hors de lui, étoitrarement tempéré par la fage réflexion avec laquelleon calcule la précifion des formes, des caraétères, descouleurs, des effets, & par laquelle on peut jouir àlongs traits des partions qui fe lifent fous les formesde tous les êtres qui refpirenc.
Cet efprît d’examen propre à détaille? la force,la beauté, la grandeur , après avoir établi ce quidoit former un fcrupuleux enfemble ; cet efprît,dis - je , eft furtout de l’eflence de la fculpture :parce que cette maîtrefle des beaux-arts doit tout voir ,tout calculer, tout montrer, 8c qu’elle n’a pointd’illufion à produire. La Flore, l’Hërcule , l’Anti-»nous ne l'ont pas des ouvrages de feu & d*iirtagjna-tton ; ce font des chefs-d’œuvre de raifon, defcience,de goût & de fentiment. Le Gladiateur, leLaocoen,l’Apollon font des produélions du génie; c’eft-à-direde l’alliance du talent d’inventer, & de celui de