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Tome cinquième.
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la forcé Au corps eft utihs à tous ; mais l’o'râteul* Jfele poète en Tentent moins le befoin que le ftatuaife& le peintre. « J’écris fur la peinture, dilbit Laireffe» devenu aveugle , parce que je me trouve réduit» à chercher les moyens d’occuper utilement monv efprit «. (i) Scarron & beaucoup d’autres ont pu felivrer aux lettres malgré leur foiblefle ou leurs diffor-mités. Milton & Homère devinrent aveugles, & dansleurs élans, fublimes, ils n’cn célébrèrent pas moinsles héros & les dieux : c’eft qu’il leur étoit inutiled’unir le méchanilme par lequel les artiftes doiventparler aux yeux, aux qualités du génie dont l’utilitéeft commune à tous les hommes occupés de remuerles fens , &: de flatter l’imagination.

Il y a des efprirs qui, par une vigueur naturelle*& par le feul amour de l’art, peuvent s’élever à ungrand degré d’excellence. C’eft ainfi que Michel-Ange & Léonard de Vinci ont brillé par la force deleur génie , & par leur paflion pour l’arr. Il en efld’autres qui ont befoin du ftimulant de l’émulationpour atteindre un but éminent. C’eft alors une bellequalité que d’en être fulceptible. Raphaël n’auroltpeut - être jamais réfifté à cet attrait puiffant quil’entraînoit vers la volupté , & n’auroit pas abandonnéCette manière maigre qu’il avoit prife chez Pierrede Véroufe , fi l’ambition d’égaler Michel-Ange nel’eût animé au point de fe furpafl'er lui-méme.

L’émulation foutient le courage dans les difficultés

(i) Le grand livre des peintres, pat Laireffe, rrad. pat M. Jansfen, chez Moutard.-17 87.