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Tome cinquième.
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couleurs doivent être employées en nature font très-rares : pourquoi 1 C’eft qu’il eft très-rare que les cou-leurs locales de la nature à imiter par l’artifte, fuientprécifément les mêmes que .celles dont fa palette eftchargée, & il eft encore plus rare que la couleur r*éellcou locale de l’objet ne foit pas altérée, modifiée ourelevée , foit par le -plan qu’occupe cet objet , foitpar l’effet de la lumière & de fes déclinaifons. Ainfi,ïl eft néceffaire 1 que les couleurs dont le peintreufe pour fon art foient rompues fur fon tableau.

On n’admet guères le précepte de la rupture desteintes que dans le même objet, comme nous l’avonsdit. Ainfi que l’artifte ait à peindre un murj onexige qu’il ne foit.pas de la même teinte & qu’ilImite la variété des couleurs qu’offre la nature , &on lui dit : il faut ufer de couleurs rompues , il fautrompre vos couleurs.

Ufons d’un exemple dans un cas un peu plus recher-ché. Le peintre veut donner pour fond un rideaurouge au portrait d’un homme vêtu de noir; ce ri-deau doit être de couleurs rompues , io, parce queïa diftance du rideau au devant, du tableau lui faitperdre de la puiffance de fa couleur propre, s.'*. parceque le pavé, les meubles , la figure du portraitelle-même peuvent répandre des teintes étrangèresfur ce rideau qui changent la nature de fa couleur.i3 ç . Enfin ce rideau forme des plis qui produifentdifférens plans, & offrent des furfaces diverfes foità la lumière, foit à l’ombre. Les maffes ombrées deleur côté prennent des teintes des objets voifins quiréfiéchiffent des rayons lumineux. Par toutes ces rai«fons, la couleur locale du rideau rouge doit être

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