400 S C Ü
pour le féjour de Rome. Mais il ne réfifta point eftï66j à l’invitation de Louis XIV, qui, trop peufenfible aux talens de Perrault, crut que le Berninfeul éroit capable de donner au château du Louvïeune noblefle digne de la majefté du Monarque* » L’ar_» tille fut conduit à Paris, dit Voltaire, en homme» qui venoit honorer la France. Il reçut, outre cinq» louis par jour pendant huit mois qu’il y relia, un» préfent de cinquante mille écus , avec une penfion» de deux mille écus, & une de cinq cent pour fon» fils ». Le fruit que le Monarque recueillit de tantde dépenfes fut un deflin pour la façade du Louvre jprojet plus brillant par les écarts de l’imagination quepar des beautés folides, qui aurait exigé des dépenfesexcelïives, & qui ne fut pas exécuté.
Mais le Bernin, pendant fon féjour en France ,étonna les Sculpteurs par fa hardiefle; il exécuta lebulle de Louis XIV fur le marbre , l'ans avoir faitaucun modèle, & fans autres préparatifs que quelqueslégers deffins qu’il avoit relevés de pallels. De retouren Italie, empreffé de témoigner au Roi fa reconnoif-fance, il tailla dans un feul bloc de marbre, le plusgrand qui foit connu jùfqu’à ce jour, la Statueéqueltre de ce Prince. Ce morçeau n’a guere de re-marquable que fa grandeur coloflale. Carie Marattequi le vit à Rome , dit : » Voilà une figure qui ne» fera pas d’enfans », voulant faire entendre qu’on nes’emprefferoit pas de l’imiter. Tous les autres Italiensadmirèrent, car le Bernin avoit du crédit. Commeil n’en avoit point en France, elle fut généralementtrouvée fort médiocre. Louis XIV chargea Girardonde changer les traits de la tête, & de répréfentef
des