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brifâ la ftatne, & adreffant la parole au Génois :
« je fuis plus noble que vous, lui dit-il, car je fais» dédaigner le prix de mon travail, & vous n’avez« pas la nobleffe d’employer votre argent à acquérir» une belle chofe ».
Il le déiaffoit à Toulon de fes travaux pour la ma-rine , en ébauchaht le grouppe d’Alexandre & Dio-gène qui ne fut terminé que longtemps après. Plu*lieurs blocs de marbre de‘Gènes dévoient être embar-qués pour le Havre-de-Grace ; il en obtint trois deColbert, & de l’un d’eux, il fit la célèbre jftatuede Milon, placée dans le parc de Verfailles, &qui allure la réputation. L’expreiîion de douleur, deforce & de réfiftance y eft lenfible dans tous lesmembres. Par tout le marbre a perdu l’apparence defa dureté & pris la foupleffe de la chair. Ce morceau,le chef-d’œuvre de l'on auteur, 6c l’un des plus beauxouvrages qu’ait produit le cifeau des modernes, ne lecéderoit pas même au Laocoon antique lï les formesavoient la même pureté. Puget ne pouvoir trouveraucun modèle affez Intelligent, affez fenfible, pourpol'er le pied fbuffranc de l’Athlete ; il le pofa lui-même en mettant dans cette partie toute l’exprelfion qu’ilavoir dans fon ame, le fit mouler le pied, & tra-vailla ion marbre d’après ce modèle.
Eloigné de Paris, ilétoit étranger aux cabales des ar-tiftes, & ceux-ci avoient intérêt de ne pas expofer léstalens dans le plus grand jour. Aulli parvinrent-ils àfaire placer fon chef-d’œuvre dans un endroit détournédu parc. Mais Louis XIV , qui favoit quelquefois péné-trer & déconcerter les petites manœuvres de l’envie ,erdonna de la placsr à l’entrée de l’allée royale. Il délira
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