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Tome cinquième.
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d’argent à d’autres divinités, il n’a fait aucune allufiotfà leurs ftatues; il a voulu fealcment exprimer lablancheur éclatante de leurs pieds.

On a continué d’employer le bois pour les ftatues,même dans des temps où les ftatuaires favoient tra-vailler les pierres: on joignit le luxe des ficelés opu-lehsà la fimplicité des premiers fiècles; les ftatues furentcouvertes d’or, & les Dieux, fur leurs autels, ne ni-quèrent plus d’être rongés des vers.

Mais le luxe eft tellement deftiné à corrompre lègoût, que celui même des Grecs ne put lui réfifter. Usfavoient travailler le marbre & c’eft la matière la plusfavorable à U beauté de l’art : ils favoient fondre lebronze, & «’eft la fubftance la plus capable de leuraflurer une longue durée: & cependant, dépravés parl’amour de la riehefie, ils employoient à faire cesftatues, l’ivoire qui eft bien moins convenable à cetufage que le marbre & le bronze. Sa rareté lui rnériitoit feule la préférence, comme fi le rare étoit toujoursle beau. Or. mêla l’or & l’ivoire dans les ftatues , &l’art perdit de fon prix par ce mélange imprudentde deux matières précietsfes. On les prodigua jufquesdans les colofTes. La Minerve de Phidias, qui étoitd’or & d’ivoire, avoit vingt fix coudées, ou trente-neuf pieds attiques de haut. 1

.11 ne faut pas croire que les ftatues fuffent entiè-rement d’or & d'ivoire. On connoît la grandeur desplus fortes dents d’éléphans, & l’on fent bien quedans des ouvrages d’une grande proportion , l’ivoir*ne pouvoit être employé que par plaques rapportées.C’étoient de véritables ouvrages de marquetterie, &les joints ne pouyoient être tellement diffimulés t

que