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3°. Un fculpteur doit avôir l’imagination aiilïïforte qu’un Peintre , je ne dis pas aufîl abondanteIl lui faut de plus, une ténacité dans le génie qui
montrer à la fois, & d’une feule vue, les différens côtés d’unemême & feule figure. Voici comment il s’y prit pour le prouver8c pour convaincre fes adverfaires.
« Il peignit un homme nud, vu par le dos ; devant lui, une» eau très-limpide préfentoit, par fa réverbération, le devant» de la figure : une cuira/Tc polie montroit, d'une part, le côté» gauche ; de Vautre, un miroir faifdit voir le côté droit.» Très-belle imagination qui prouvoit en •effet, que la peinture» a plu* de moyens que la fculpture, pour montrer dans une» feule vue, toutes celles du naturel. On applaudit, on loua» fmguliérement cet ouvrage, à caufe de fon adrefle ingénieufe».» ( Vafari, Vita di Giorgione. )
On ne nous dit pas fi cet ouvrage, avec fon adrejfe ingl-nieufe, fut regardé comme une bonne preuve. Je lailfe aule&eur h juger jnfqu'où la prévention peut mener le fenscommun, même chez les hommes qui doivent particuliérementconnoître l’objet des queftions qu’ils agitent. Je voudrois suffipouvoir exeufer l’hiftorien de cette idée, creufe ; mais j’enignore le moyen , puifqu’il ne la défapprouve pas, & que cetteeau , ce miroir, cette cuiraffe, ne l’avertiflint point. Il ne mérelie que deux partis h prendre ; celui de jetter mes papiersau feu , ou celui de trembler pour mon propre compte, fur ladébilité de notre raifon. «...
Mais pourtant je ne voudrois pas, comme M. Laugier, avancerque » la perfeétion du delfin fait l’unique mérite de la fculpture ;» que le fculpteur a beau étudier la précifion 8c l’élégance deî> fes contours, à peine peut-il jamais faire illufion fur la duretéV 8c la roideur des matières dont il eft obligé de faire ufage ».(Voyez Manière de bien juger des ouvrages de peinture, p. 348.)Si j’avois raifonné ainfi de la fculpture, 8c qu’011 me montrâtun modèle brûlant d’expreffion, 8c dont la matière, flexible fousle pouce ou l’èbauchoir de l'anifte, ne me donneroit aucune
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