XI' SIÈCLE & SUIVANTS
SOIERIES
T Y T E S ‘DE CERCLES OU DE %0 U E S
Nous adoptons ici une date moyenne pour indiquer l’époque du nouveau genre dedessin que reproduit notre planche ; nous pouvons en classer l’usage primitif, ainsi que lespeintures de la basilique de Saint-Clément, à Rome, nous l’indiquent, à une date remontantcertainement jusqu’au vin' siècle et peut-être au delà. Mais ce type fut, il est vrai, diversementemployé à ces différents âges, tant par les artistes chrétiens que par les Arabes qui s’en servirentnéanmoins. Le principe décoratif fut le même et ne subit que des transformations.
Le puissant intérêt archéologique qui s’attache à ces sortes d’étoffes a excité, depuis quelquesannées, les recherches et l’étude des savants. Un fragment de ces tissus Roés, découvert dansla châsse de Charlemagne, et conservé à Aix-la-Chapelle, nous montre, sur fond rouge, lacomposition chargée au centre d’éléphants entourés de bordures de feuilles du plus pur styleoriental. Les pourtours se relient par une rosace de même décor qui les sépare entre eux. Cettebelle pièce a été reproduite dans les Mélanges archéologiques des R. P. Cahier et Martin, etdans le Mobilier français de Viollet-le-Duc. Nous citerons aussi l’étoffe tirée du cabinet de M. leComte de l’Escalopier, léguée au Musée d’Amiens et publiée dans les Mélanges, dont un échantillon,appartient à M. Victor Gay, et beaucoup d’autres que Mgr. le chanoine Bock nous a fait connaître.Nous avons eu nous-même, à propos du livret de la vente Fortuny, l’occasion de faire graverune pièce inédite de ces sortes de tissus, dont nous pouvions attribuer la fabrication aux ateliersdes Maures établis en Espagne.
Deux des spécimens de la planche ci-contre, placés l’un en haut et l’autre au bas de lafeuille, ont été copiés à Londres, au Kensington Muséum. La pièce centrale nous appartient;nous l’avons reçue d’Auvergne. Les fausses lettres cufiques qui entourent, entre les listels, chacundes dessins, les rattachent à la fabrication sicilienne, à laquelle nous les attribuons.