XVIII e
SIÈCLE
SOIERIES (France)
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Le petit-fils de Louis XV, le duc de Berry, venait d’épouser, en 1770, Marie-Antoinetted’Autriche, et l’industrie, profitant d’un fait aussi populaire que celui du mariage d’un dauphinde France, s’en empara pour donner le nom de Dauphine à un genre d’étoffes de soie épaisses,brochées de fleurs ou de branches fleuries, à fond croisé, quadrillé à grain d’orge ou simplementvergé, suivant le tissage adopté pour chacune des pièces de ces tissus nouveaux, dont la découvertevenait d’être mise en œuvre par la fabrique de Lyon.
Si l’on examine attentivement le fond des spécimens placés en tête de la planche, on ydistinguera deux de ces’étoffes à grain qui, rapprochées de plusieurs autres semblables, reproduitesdans une planche précédente (Rubans et Rayures serpentant ), formeraient un ensemble complet dugenre auquel on avait donné le nom de Dauphine.
Dans cette nouvelle série de modèles, remarquons que les lignes serpentines se mélangent derayures droites, comme dans l’échantillon placé à l’angle à droite du haut de la page et dans celuià fond bleu du milieu. Signalons aussi que dans les deux échantillons qui occupent la partie bassede la feuille, cette disposition n’est plus rappelée que par un enlacement qui forme une rayure droite,type qui tend à devenir le favori de l’époque, si bien que Mercier, dans son Tableau de Paris ,en 1788, pourra dire « que tout le monde ressemble au Zèbre du Cabinet du Roi. »
Toutefois les étoffes riches sont encore recherchées, et leurs dispositions tant d’entrelacs quede rayures droites, s’exécutent soit brochées, soit lamées d’or et d’argent. Les deux dernierséchantillons dont nous venons de parler sont : l’un broché, l’autre lamé de chacun de ces métaux.