XVIII e SIÈCLE
SOIERIES
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Nous essayons, en reproduisant le dessin du milieu de la planche dans toute son ampleur, de fairecomprendre la composition de tous les autres spécimens, leur développement ne nous permettant pasde reproduire la totalité de chacun d’eux. Composés presque toujours de deux sujets, quelquefois detrois, leur alternance ne revient qu’à de si longues distances, qu’elle en forme de véritables panneauxou montants d’ornements, dont la composition est souvent remarquable et se joint à une exécutionparfaite, que le tisserand a enrichie de toute la variété des secrets de ses admirables procédés.
A l’époque où l’on créa ce genre de dessin, c’est-à-dire vers la fin du règne de Louis XVI, lavolute à feuilles d’acanthe était fort à la mode dans le mobilier ; on en ornait les frises en bronze doré.Les plus beaux meubles de bois de rose ou d’acajou de Saint-Domingue étaient recouverts de ces déco-rations, avec tant de bonheur et de goût, qu’ils s’estiment aujourd’hui, pour le moins, autant qu’autre-fois. L’harmonie décorative obligea le fabricant d’étoffes à commander des dessins en rapport avec celuxe intérieur, et il en naquit ces belles compositions que nos métiers reproduisent avec succès,depuis que le goût s’est relevé en s’inspirant aux sources du passé.
Une alternance de deux motifs se voit dans le spécimen du milieu ; ce sont des brochés sur satinblanc enfermés dans des volutes tournantes. Nous avons disposé tous les autres modèles de façon à lesfaire concourir à déterminer l’époque précise de l’ensemble de la planche. On y voit alternativementla lyre, les femmes en costume antique, les têtes de coq, les griffons à bec d’aigle, la Minerve cas-quée. Ce sont là autant de matériaux obligés de la fin du xvm” siècle.