XVI* SIÈCLE
BRODERIES
GOUTTIÈRE r D E LIT Ti_E 1S S <24 C^C E
Suivant les chroniques anciennes, si la Cour se déplaçait ou si le Roi était obligéd’entreprendre quelque voyage, il fallait non-seulement pourvoir au gîte que lui offrirait chaquenuit le château ou l’abbaye voisine, mais encore assurer à sa personne le faste qu’exigeaitle prestige de Sa Majesté royale, sans pour cela ruiner l’hôte qu’il voulait honorer. Ces motifsobligeaient (les fourriers du Palais) à précéder le monarque et à préparer devant lui, aumoyen d’un nombreux matériel, les appartements qu’il devait occuper.
Plusieurs mobiliers étaient ainsi transportés, car, il arrivait qu’en mémoire de son passageou de l’hospitalité reçue, le Roi fît présent d’une partie de son garde-meuble ambulant.
Charles d’Orléans, dans un Rondeau du xv e siècle, nous a laissé sur cet usage le curieuxdétail que nous lui empruntons :
Les Fourriers d’este sont venu\
Pour appareiller son logis ,
Et ont fait tendre ses tappisDe fleurs et verdure tissu^ En estendant tappis velu\
De vert Herbe par le pais ,
Les Fourriers d’este sont venu
C’est à un fait analogue que nous devons de publier aujourd’hui deux panneauxde la plus magnifique gouttière de lit qui nous soit restée de la Renaissance. Elle se composede treize morceaux, tous de différents dessins exécutés sur fond de velours en découpages dediaspre de soie broché d’argent, appliqué, rehaussé de couleurs, de perles fines et de grenats.Cette riche broderie fut, suivant la tradition, donnée par Henri II au couvent de la Trappe,près Mortagne, en quittant ce monastère, où il fit un court séjour en se rendant en Bretagne.
Afin de conserver dans sa pureté la réduction photographique des panneaux décritsci-dessus, nous les avons fait accompagner sur notre planche de deux passementeries d’or etd’argent, de la même époque.