xvr SIÈCLE
BRODERIES APPLICATIONS
TYTES ESTOdGC^OLS
L’Espagne et l’Italie, nous l’avons dit ailleurs, subissaient en même temps une même occupationétrangère qui rendait leurs œuvres presque similaires. Il est utile d’ajouter ici que les Maures, pluslongtemps établis sur le sol espagnol, le couvrirent de monuments dont la décoration et le style orientaleurent et ont encore aujourd’hui une influence marquée sur les productions artistiques de ce pays.
La Broderie, art d’imitation moins sévère dans ses règles, plus riche que le tissu, par lerelief de ses effets, emprunta facilement les motifs de l’architecture arabe et donna à ses ouvrages uncaractère oriental particulier, qui appartient en propre à l’Espagne. Il est, en effet, remarquablede constater que la plupart des semences artistiques transportées à l’étranger engendrent desœuvres où l’on distingue le génie des deux nations, qui, de cet assemblage, créent un genre,une espèce nouvelle.
On ne refusera pas de reconnaître dans les deux spécimens placés en haut de cette planchele caractère mauresque allié aux motifs ordinaires de la Renaissance.
Cinq pièces figurent au-dessous de celles-ci. Elles interprètent, à la manière espagnole,quelques-uns des types que nous avons classés; soit, à gauche, un réticule décoré d’un vase garni defleurs ; à droite un meneau couronné, chargé au centre d’un fruit tout à part dans sa forme sphérique,et surmonté d’une couronne fantaisiste. Au centre, un motif de compartiments alterné de meneauxdans le goût de la Renaissance italienne ; au bas, à gauche, une frise du type des F renversés,à droite, le dessin du vase, semé de fleurs.
Cette revue nous permet encore de constater que les éléments typiques de la décorationespagnole étaient les mêmes que ceux dont usaient ses voisins.
M. Lévy nous a prêté le premier des échantillons occupant l’angle à droite, dans le haut, etle dernier l’angle à gauche, dans le bas.