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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
d’appeler l’attention sur l’église de Montjavoult 1 , dont le riche portail reproduitavec une telle fidélité certaines dispositions de la grosse tour méridionale deGisors que le même architecte a seul pu ordonner l’une et l’autre constructions 2 3 .Toutefois, si nous voyons avec plaisir reparaître d’élégants piédestaux, chargésà leur partie antérieure d’un médaillon délicatement sculpté 5 , il en est différem-ment de ces hautes colonnes cannelées qui ne rappellent guère les heureusesproportions de l’art antique que l’on prétendait renouveler. Jean Grappin,puisqu’il faut le nommer 4 , n’avait pas épuré son goût par l’étude des grandsmodèles et, vu l’époque où il vivait, il ne savait plus racheter par la grâcece qui lui manquait du côté de la noblesse et de la majestés
Bien que les monuments encore existants soient à peu près les seuls dontnous ayons dessein de parler longuement, il nous paraît bien difficile de nepas faire une exception en faveur du château de Sarcus qui, après avoiréchappé à la tourmente révolutionnaire, est tombé sous le marteau des démo-lisseurs dans les premières années du règne de Louis-Philippe 6 . Tout n’a pasdisparu, il est vrai, de ce remarquable édifice, qui a eu l’heureuse fortunede voir ses débris recueillis par des mains pieuses, en sorte que, pour se faireune idée complète, sinon de ses dispositions générales, au moins du caractèrede son ornementation, il suffit de se transporter successivement à Amiens, àPouilly et à Nogent-les-Vierges 7 . De plus, nous avons, pour nous renseigner,
1. Montjavoult est situé dans le canton de Chaumont-en-Vexin, presque sur la limite des arrondissements deBeauvais et de Mantes.
2. Les médaillons d’une balustrade, rejetés, du reste, au second plan, en arrière du portail, sont seuls empruntésà la tour septentrionale de Gisors, plus vieille environ d’une trentaine d’années; mais ce détail a sans doute été abandonnéau sculpteur Nicolas Coulle, qui a trouvé plus facile de reproduire un motif qui lui était familier. Cf. Gisors , documentsinédits tirés des archives de Saint-Gervais et Saint-Protais } par le marquis de Laborde, dans les Annales archéologiques ,IX, p. 206.
3. Ces petits bas-reliefs sont pour la plupart en assez mauvais état. Nous avons seulement pu reconnaître les sujetssuivants : Joseph jeté dans une citerne par ses frères; Moïse élevant le serpent d’airain; la Prise de l’arche par les Philis-tins; l’Adoration des bergers.
4. Jehan Grappin est le dernier représentant d’une famille d’artistes qui travailla durant plus d’un siècle à la con-struction de l’église de Gisors. Son nom apparaît pour la première fois dans les comptes, en 1559. Cf. de Laborde, op. cit.
5. Le portail de Montjavoult est-il antérieur à la tour de Gisors, ou simplement contemporain de cette lourdeconstruction? 1 Nous pencherions vers la dernière opinion, en assignant pour le moment de la plus grande activité des tra-vaux l'année 1565. Quant aux inscriptions qui se voient en différents endroits, elles n’apprennent absolument rien; ilest donc inutile de les rapporter ici.
6. « 11 ne reste plus maintenant du château de Sarcus que ses cryptes et ses fondations, sur lesquelles se tientencore debout le débris d’une de ses arcades, comme pour rappeler le souvenir du lieu qu’il occupait.
« M. Boulnois, possesseur actuel du terrain, a fait bâtir sa demeure dans la cour même du château ». Sarcus(département de l'Oise), par M. le C te Amédée de Sarcus, p. 41.
Si le château de Sarcus n’a été démoli qu’en 1833, il avait, au xvm e siècle, sous le marquis François de Grasse,subi les plus barbares mutilations.
7. Une arcade au musée d’Amiens; trois arcades et divers autres débris disposés en portique à l’une des extrémitésde l’ancienne villa de M. Houbigant, à Nogent-les-Vierges; des arcades encore avec leurs voûtes, leurs nervures et leursblasons dans le parc de M. Daudin, à Pouilly.