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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
d’une cour carrée, n’ait présenté qu’une grille du côté de l’entrée, au lieu dela galerie étroite que l’on trouve d’ordinaire à cette place. La chose est d’autantmoins probable, que le plan levé en 183^ par M. Houbigant met sur la voiedes dispositions que nous indiquons 1 . Les amorces de la galerie sont nettementvisibles, et, d’ailleurs, il faut bien admettre une sorte de transition entre l’en-ceinte complètement fermée du moyen âge et la cour largement ouverte duxvif siècle. Très probablement le changement sur lequel on s’appuie ne dataitque de 1763 et faisait partie de tout un programme de mutilations que lemauvais goût du temps suffit grandement à expliquer. Mais soixante-dix annéesne s’étaient pas écoulées que, désirant sans doute renchérir encore sur cet actede vandalisme, M. Gabriel de Grasse assumait devant l’histoire une bien plusgrande responsabilité en faisant à ses acquéreurs l’obligation de détruire entiè-rement la belle demeure que son aïeul avait reçue en don 2 .
Le château de Sarcus, comme beaucoup d’autres habitations seigneuriales àl’époque de la Renaissance, n’était pas une création entièrement nouvelle. Nonseulement son plan coïncidait avec celui d’un vieux manoir féodal dont l’originenous est inconnue, mais une partie des courtines avait été conservée dans lesmurs extérieurs. Quant aux quatre tours, d’un diamètre différent, qui se dressaientaux angles de l’édifice, bien loin de les abattre, on les avait restaurées avec soin,car la noblesse, sans se faire illusion sur ce moyen de défense désormais sansvaleur, tenait toujours à garder ce signe de puissance, cette marque ostensiblede son ancienne indépendance. Avec les fossés et les ponts-levis, c’étaient à peuprès les seules choses qu’elle n’eût pas volontiers sacrifiées au goût du jour.
Ecoutons maintenant un des témoins dont nous parlions tout à l’heure.Au sujet des constructions renouvelées, il s’exprime ainsi :
« En 15 20 probablement, abattant, du côté du bourg, la façade de l’an-cienne forteresse 3 4 , Jean de Sarcus * éleva, dans l’intérieur de la cour déblayée
1. Voir, dans du Cerceau (Les plus excellents bastùnents de France ), les planches consacrées au châceau de Bury(Loir-et-Cher), dont le plan est identique à celui de Sarcus.
2. Le château de Sarcus appartenait, au milieu du xvnr siècle, à la marquise de Pons, qui en fît don à Françoisde Grasse, son parent.
La singulière condition dont nous parlons a été imposée plus souvent qu’on ne le croirait, et nous aurons, dans lecours de cet ouvrage, à y faire allusion de temps en temps. Certains héritiers de grandes familles croyaient agir noblement,lorsque la nécessité ou tout autre motif les amenait à se défaire d’une ancienne terre seigneuriale, en ne permettant pasqu’après eux on s’abritât sous les lambris qui rappelaient le souvenir de leurs aïeux.
3. Nous avons déjà dit ce que nous pensions des transformations opérées de ce côté.
4. Dans une des brochures citées plus hauc (Notice sur le château, etc., pp. i à 17), M. Houbigant a patiemmentrestitué la biographie de Jean de Sarcus, peu connue avant lui. Ce seigneur, né en 1478, passa la plus grande partie deson existence à lutcer, sur les frontières de la Picardie, contre les envahisseurs de son pays. Il joua surtout un rôle consi-dérable dans la célèbre défense de Péronne, en 1536.