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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
quelque remarquables quelles soient, en un certain sens, « ont été, le plussouvent, traitées d’après une échelle beaucoup trop réduite, eu égard aux
proportions générales des monuments dont elles font partie, et à la matière
dont elles sont formées; elles ne sont point ensemble, suivant le langage des
peintres, et la finesse de leurs détails conviendrait bien plutôt au bois qu’à la
pierre 1 ».
Ces défauts incontestables n’empêchent pas les petits monuments que nousvenons d’étudier de figurer avec éclat l’art d’une période peu connue. D’ailleurs,ils constituent à eux seuls tout ce que la ville de Laon peut offrir à nos rechercheset à nos investigations. Grâce à l’activité des siècles précédents, il restait bienpeu de chose à faire sur la haute colline qui fut un des berceaux de la viecommunale au moyen âge. Et puis, le déplacement de la vie politique avaitfatalement amené une diminution de la richesse publique et par là mêmeanéanti un des éléments les plus puissants de transformation. Aussi, en dehorsde quelques efforts isolés au début, devait-on se borner à une sorte d’entraîne-ment que rendait plus facile le peu d’importance relative de chaque création.
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Après avoir parlé de Laon, il serait peut-être convenable de porter notreattention sur une autre cité non moins célèbre dans l’histoire. Mais Soissons nenous offre qu’une petite galerie en ruine dans ce qui fut jadis l’abbaye deSaint-Jean-des-Vignes. Ces débris, il est vrai, sont à tous égards remarquables,et nous aimons à signaler de charmants médaillons qui ne renferment pasprécisément des figures de béatifiées. L’artiste chargé de leur exécution aura,sans doute, comme il arrivait souvent, fait appel à d’anciens souvenirs et sesera contenté de reproduire certains modèles qu’il avait déjà pratiqués 2 .
Ne construisait-on pas, du reste, à la même époque, dans le voisinage, lechâteau d’Anizy et serait-il téméraire de supposer que les moines de Saint-Jean-des-Vignes aient voulu quelque peu marcher sur les traces du puissant cardinal deBourbon ? Assurément non, surtout lorsqu’on se rend compte, ainsi que nousl’avons fait au sujet de la ville de Laon, des causes multiples qui ont pu amenerun ralentissement dans le développement de l’architecture. Soissons, depuis les
1. La Renaissance monumentale, t. II. Berty a donné en élévation une des clôtures de Laon (pl. 43) et reproduit jus-qu’à douze spécimens (pl. 44, 45 et 46) des couronnements à jour « qui surmontent les petites colonnes et offrent, dit-il,un exemple fort intéressant des formes multiples que peut revêtir une même idée architecturale ». Ajoutons que ces clôtures,pour la plupart, étaient primitivement peintes et dorées. Sur l’une d’elles se voient encore des oiseaux que le badigeon alongtemps recouverts.
2. Les médaillons dont nous parlons ne se voient pas seulement au-dessus des arcades extérieures du petit cloître,mais encore aux clefs de voûte de chaque travée. Tous les contre-forts et l’attique sont également décorés dans le goût durègne de François I er .