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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

ment rachetée par le groupement pittoresque des constructions, et l’on eûtdit que le besoin de logements avait seul guidé l’architecte dans ses combinai-sons 1 . Une chose cependant est à remarquer : le style général des façadesreproduit d’une manière si étroite les parties les plus anciennes de Villers-Cotterets 2 , qu’il serait presque insensé de ne pas y reconnaître la même main.

Ceci nous amène tout naturellement à entretenir le lecteur de l’un desséjours favoris du roi-chevalier. Ce prince, en effet, n’avait pu, sur le trône,oublier son ancien apanage; aussi, le voyons-nous, dès le début de son règne,s’empresser de relever un château ruiné par les Anglais un siècle auparavant 3 etdepuis lors abandonné. En outre, il se sentait entraîné vers le duché de Valoispar son ardeur cynégétique qui, mieux encore qu’à Fontainebleau, Chambordet Madrid, trouvait à se satisfaire largement dans la forêt non seulement laplus giboyeuse, mais encore la plus vaste de France *. Ajouterons-nous que rienne la séparait de celle de Guise ou de Compiègne, ce qui permettait des courseseffrénées et des hallalis sans fin.

En réalité, le projet de François I er était d’autant plus facile à exécuterqu’il ne s’agissait point d’une œuvre entièrement nouvelle 5 . Si le vieux manoiravait subi de graves injures, il possédait toujours une solide enceinte qui pou-vait être heureusement utilisée. Seulement, au nombre des parties conservées,faut-il faire figurer, avec du Cerceau, « le grand corps de logis » qui sedresse entre les deux cours et sert de façade au château proprement dit ? Nousne le pensons pas 6 . Tout dénote, au contraire, que les remaniements les plus

1. « La court, dit encore du Cerceau, se monstre de belle grandeur, contenant quarante toises de long : en laquelle

longueur y a plusieurs aisances. Outreplus, vous y avez une avantcourt fermée, d’où l’on va au parc : et une terrace ducosté du iardin, ioignant le logis, qui est d’assez bonne grâce : d’autant que premier qu’entrer audit iardin, en sortantdu Chasteau, l’on trouve la terrace, et d’icelle on descend au iardin. » Primitivement il n’avait dû être question debâtir en ce lieu qu’un simple rendez-vous de chasse, un pavillon; et ainsi s’explique le surnom donné à Folambray.

2. Nous voulons parler des trois ailes les plus rapprochées de la forêt, dont les murs, pour toute décoration,

présentent un large bandeau mouluré à la séparation des étages.

3. Dans les dernières années du règne de Charles VI.

4. « Car luy (François I er ) voyant ce lieu prochain dune telle forest, excedant en grandeur toutes celles de

France, ioint qu’il aymoit la chasse, etc. » Les Plus Excellents Bastiments de France. — « Retiæ sylvæ omnium fera

quotquot in Gallia sunt, præter Compendiensem vastissimæ et ferarum omnis generis refertissimæ. » Pli. de Marre [Viede Languet ), cité par Alfred Maury dans son Histoire des forêts de la Gaule , p. 237.

5. M. A. Michaux ( Histoire de Villers-Cotterets , 1 vol. in-4 0 , 1868) est le seul auteur qui soutienne l’opinioncontraire. « Le nouveau château, dit-il, n’était pas édifié sur l’emplacement de l’ancien, » p. 22. Mais cette assertion nerepose sur aucun fondement.

6. Du Cerceau ( op. cit., t. II) revient plusieurs fois sur la même idée. « Ce lieu, dit-il, estoit d’ancienneté unlogis de marque, comme apparoist tant par le grand corps de logis, que par la closture du Parc. » Et plus loin : « Cestemaison consiste en deux courtz. Le vieil bastiment faict la séparation d’icelles... l’autre est le vieil, qui faict la séparationdes courtz. . . Le premier est celuy de devant, qui est le vieil corps, dont cy devant avons parlé. » Il est vrai qu’il ajoute :« Le roy François premier feist reparer ledict bastiment, et l’augmenter de plusieurs corps de logis, et tel comme ilapparoist de présent », donnant ainsi à entendre que tout était terminé à la mort de'ce souverain. Or nous verrons dansla suite que le roi Henri II a contribué pour une large part à l’achèvement de la cour des Offices.