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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

driques d’un diamètre très différent. Là, pour ainsi dire, on n’a fait que suréleverles courtines et donner aux toitures une pente en harmonie avec l’ensemblegénéral. De même, du côté de la forêt, les dispositions primitives ont été assezbien respectées, et tout s’est borné à des travaux de rajeunissement dont unœil exercé n’a pas de peine à suivre la trace.

Quant à l’aile gauche, elle appartient au xvf siècle de la base au sommet.Destinée au roi, sa transformation dut naturellement prendre place dans lespremières préoccupations de l’architecte, qui sans doute chercha vainement àutiliser les anciennes constructions. Forcé néanmoins de se mouvoir dans cer-taines limites, il ne put accorder à son œuvre tout le développement désirable.Aussi, quelques années plus tard, ses successeurs, pour répondre à de nouvellesexigences, se virent-ils obligés de projeter au dehors le double pavillon quiporte encore aujourd’hui le nom de Logis du roi.

Sur cette évolution architecturale de Villers-Cotterets nous possédons, dureste, les renseignements les plus précis; car, d’un côté, nous savons, par undocument inédit, que, dès le I er janvier 1552', le roi songeait à agrandir sonchâteau, et, de l’autre, des Comptes récemment publiés fournissent le moyende faire au bâtiment indiqué l’application de ce que nous avons appris 1 2 3 . Bienplus, il est désormais certain que le gros pavillon qui nous occupe en ce momentest l’œuvre des deux frères Jacques et Guillaume Le Breton, dont les noms,assurément, méritent de sortir de l’oubli où ils sont demeurés jusqu’à cetteheure ensevelis K

Car, il ne faut pas craindre de le dire hautement, sous la modeste quali-fication de « maçons », qui était alors en usage, se cachaient de véritablesarchitectes, et nous serions mal venus de méconnaître le talent des hommesd’un autre âge, par l’unique raison que l’on ne s’est pas servi à leur égard

1. « i er janvier 1532. Assignation dont il faut promptement. . . acquitz pour le bastiment que. le roy entendceste présente année faire faire au chasteau de Villers Costeretz ». Archives nationales , J, 960, f° 9, v°. Documentcommuniqué par M. Louis Courajod.

2. Les Comptes des bâtiments du roi (1528-1571), suivis de documents inédits sur les châteaux royaux et les beaux-arts au xvi e siècle , recueillis et mis en ordre par le marquis de Laborde. Tome I er . Paris, 1877. — A la page 142, nouslisons : « A Guillaume le Peuple, maistre charpentier, la somme de 9,814 liv. 13 s. 4 d. pour plusieurs planchers et fauxplanchers et autres ouvrages de charpenterie qu’il a fait de neuf pour le Roy, ès salles, chambres et cabinets tant du dictsieur que de la Reyne, au dict chasteau de Villiers-Costerets ». Or cet article nous indique suffisamment de quels« édiffices et bastimens » il est question dans le compte de « maistre Nicolas Picart », commencé le premier janvier 1532 etfini le dernier de décembre 1540.

3. « A Jacques et Guillaume Le Breton, frères, maçons, la somme de 58,138 liv. 8 s. 4 d., à eux ordonnée pour tousles ouvrages de maçonnerie et taille par eux faits durant le temps de ce compte à Villiers-Costerets. » Loc. cit. La sommetotale des dépenses pour le corps de bâtiment que l’on appelle le Logis du roi se montait à 100,833 liv. 15 s. 2 d. Nousexaminerons plus tard dans quels rapports de parenté les deux frères en question se trouvaient avec Gilles Le Breton,l’architecte de Fontainebleau.