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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
au moins 1 ne fait son apparition qu’en 1545, dans la traduction du Premier
Livre d'architecture de Sébastien Serlio, par Jehan Martin, secrétaire du cardinal
de Lenoncourt 2 . Et si, quatre ans plus tard, Philibert de l’Orme figure à sontour sur une quittance avec les titres de « conseiller, aumosnier du Roy et
son architecte 3 », on n’en saurait conclure à un prompt oubli de l’ancien lan-
gage. Loin de là, et bien facilement pourrions-nous démontrer le contraire.
Mais il est inutile d’insister sur ce point, dont l’absolue certitude ne fait rai-
sonnablement aucun doute pour les esprits tant soit peu familiarisés avec notre
genre d’études. C’est pourquoi nous préférons hasarder
quelques
conjectures
sur les liens de parenté qui devaient unir Jacques et Guillaume Le Breton au
célèbre architecte de Fontainebleau 4 . Non seulement le nom est le même, mais
encore le lieu d’origine, en sorte que tous les trois, dans les Comptes, sontinvariablement dits Parisiens 5 . A cela si nous ajoutons une parfaite identité de
contemporanéité des travaux, il n’est pas besoin d’autres preuves
style et l’exacte
pour asseoir notre opinion. Gilles Le Breton, qui, de 1527 à 1552, transforma
l’ancien Fontainebleau, doit être le frère aîné de Jacques et de Guillaume, qui
se révèlent, en 15^2, dans la construction du logis du roi à Villers-Cotterets,et demeurent attachés à cette résidence jusqu’à leur mort, en 1550.
Une autre révélation que les Comptes tenaient en réserve, c’est la part
considérable de François I er dans le développement de la première cour duchâteau. Henri II n’a fait, pour ainsi dire, que parachever l’œuvre de son pèreen ajoutant un gros pavillon à occidental 6 , mais la d’entrée,
aussi bien que les longues ailes et de droite, étaient, sinon entière-
1. Il n’apparaît que sous sa forme étrangère dans Christine de Pisan : « Si s’ensuit que les architecteurs (del’italien architettore ), c’est assavoir les disposeurs de l’œuvre, scevent les causes des besoignes. « Fais et Bonnes Meurs de
Charles V, XI, 3. De même, bien plus tard, en 1541, lisons-nous dans un ordre de payement du roi François I er : » Anostre cher et bien aimé Bastiannet Serlio, paintre et architecteur de Boulogne la Grasse. »
2. « A Paris, avec privilège du roy pour dix ans au dict Sebastien, son architecte de Fontainebleau, 1545 »,
lisons-nous au-dessous du titre de l’ouvrage. La même année, Ambroise Paré, dans sa Méthode de traicter les playes,
écrivait, en parlant d’un maître en l’art de chirurgie: « Un architecte et édificateur doit, etc. » Cf. A. Lance, op. cit.— De Laborde, Notice des émaux du Louvre, 11 e partie, documents et glossaire, au mot Architecte. Nous devons ajouter,toutefois, que, d’après une découverte récente, Jean Lemaire se serait, paraît-il, servi du mot architecte, longtemps avantl’époque indiquée, dès l’année 1510, dans une lettre à Marguerite d’Autriche, relative à la construction de Notre-Dame deBrou. ( Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris. 1875, p. 162.)
3. A. Lance, op. cit., I, p. xm et 208.
4. « En 1527, dit M. de Laborde (la Renaissance des arts, p. 1006), Gilles Le Breton, maître maçon, c’est-à-direarchitecte, commence la transformation de l’ancien Fontainebleau. » C’est en réalité le seul nom qui apparaisse dans lesComptes, avec le titre qui nous occupe, jusqu’en 1552, ainsi que nous le verrons plus tard.
5. « Gilles Le Breton, maçon, tailleur de pierre, demeurant à Paris. » La Renaissance des arts, p. 370. — « A Jacqueset Guillaume Le Breton, frères, maçons, demeurans à Paris. » Les Comptes des bâtiments du roi, p. 227.
6. Sur la frise du rez-de-chaussée, des H alternent avec les trois croissants entrelacés. Au premier étage, du côtéde l’église, les lettres H et K (Henri et Catherine), suspendues par un ruban à un anneau, décorent deux larges
panneaux.