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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Aux architectes dont nous venons de faire connaître les noms, nous n’igno-rons pas que l’on voudrait substituer, au moins pour certaines parties, l’undes plus illustres coryphées de l’art au xvi e siècle, Philibert de l’Orme 1 2 . Mais,outre que le style du monument répugne à cette attribution, il paraît incon-testable que le rôle du favori de Henri II et de Catherine de Médicis Se borna,dans la circonstance, à une simple mission de surveillance. Ainsi que nous levoyons de nos jours, la surintendance des bâtiments royaux était alors confiéesuccessivement à des gens d’aptitudes fort différentes qui, la plupart du temps,eussent été incapables d’exécuter par eux-mêmes, mais dont le goût éclairéétait une garantie de la bonne direction des travaux. Certes, lorsque ces fonc-tions se trouvaient remplies par un homme tel que Philibert de l’Orme, latentation devait être grande d’agir directement, et nous ne prétendons pasqu’il n’en ait jamais été ainsi. Mais l’exception ne doit pas être prise pour larègle, et, d’ailleurs, pareille prétention nous entraînerait à doter la même per-sonne de tous les talents, puisque seule elle serait censée avoir mené à bonnefin tout ce qui aurait été fait durant l’exercice de son pouvoir a .

Jusqu’ici nous n’avons parlé du corps de bâtiment jeté à la séparation desdeux cours que pour réfuter une opinion trop légèrement émise par du Cerceau.Mais il ne suffit pas de dire que toute cette partie du château accuse nettementle milieu du règne de François I er , il faut encore montrer par quelle originalitépuissante elle a acquis une réputation justifiée et charmé plusieurs générationsde visiteurs.

En premier lieu, arrêtons-nous devant cette façade mutilée 3 , qui conservequelques restes de sa splendeur d’autrefois. Si la corniche, où les fleurs de lisalternaient avec les F couronnées, a depuis longtemps disparu, deux ordres decolonnes ne cessent encore de faire saillie sur les murs 4 , de même que s’ouvrenttoujours, au premier étage, une série de fenêtres dont les analogues ne se

1. M. A. Michaux, dans son Histoire de Villers-Cotterets, p. 32, lui attribue le gros pavillon d’angle dont nousavons parlé plus haut. Il est certain, au contraire, que l’honneur de cette construction revient aux frères Le Breton,dont les travaux, au moment de la réception, furent seulement « veus et visitez en la présence de maistre Philibert del’Orme, conseiller et ausmonier ordinaire du roy et par luy commis sur le fait de ses bastimens et ediffices ». Les Comptesdes bâtiments du roi } p. 228.

2. C’est ainsi que, sans réflexion, on a fait du Primatice, qui n’en peut mais, un architecte d’une merveilleusefécondité.

3. Vers le milieu du xviii 0 siècle, le duc d’Orléans, petit-fils du Régent, sous prétexte de restauration, commençaà enlever au château de Villers-Cotterets une partie de son caractère. Puis vint la tourmente révolutionnaire, quiravagea l’intérieur de cette belle résidence, bientôt après transformée en dépôt de mendicité. C’est la destination qu’elleconserve encore aujourd’hui.

4. Pareille disposition se rencontre fréquemment en Normandie.