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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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leurs commissures : de sorte qu’à les voir il semble qu’elles soient entièrementd’une piece, se monstrants fort belles et de bien bonne grâce 1 ».

L’idée était vraiment excellente, ët l’on a tout lieu d’être étonné qu’elleait attendu autant de siècles à se faire jour. Les colonnes n’ont de raison d’êtreque si elles sont d’un seul morceau, et chaque fois que s’impose l’obligation,pour les obtenir, de superposer plusieurs tambours, il faut au moins avoirsoin de dissimuler les joints par des moulures 2 .

Et maintenant, que faut-il penser des assertions de M. Yitet qui, chargéd’une mission officielle dans les départements du nord de la France, n’a pascraint d’écrire ces lignes : « Quant au xvi e siècle proprement dit, je l’aicherché vainement 3 . Il y a pourtant, à ce que je crois, dans le département del’Aisne, plusieurs châteaux de cette époque, tels que Cœuvres 4 , et quelquesautres que la mauvaise saison 5 ne m’a pas permis de voir. Les seuls fragmentsdu style de la Renaissance que j’ai trouvés sur mon passage sont quelquesdécorations de chapelles 6 , quelques balustrades ou jubés 7 d’églises; je doisnoter aussi le petit portail assez gracieux de Saint-Remi, à Laon, et unecharmante petite galerie en ruine attenante au cloître de Saint-Jean desVignes, à Soissons 8 ».

Si le xvi e siècle n’est pas représenté dans le nord de la France, le lecteura pu en juger par tout ce qui précède. Rien qu’autour de Laon et de Soissons,nous n’avons pas compté moins de cinq châteaux encore existants dans leursparties principales. Le département de l’Aisne ne tient donc pas seulementune place honorable dans l’histoire de l’art à l’époque de la Renaissance,c’est, en quelque sorte, une des régions les mieux partagées de la Franceentière.

1. P. 21'8 v°.

2. Il ne reste rien aujourd’hui de cette chapelle qui déjà, du temps de du Cerceau, était en fort mauvais état.

« Ioignant auprès la forest, sur icelle allée (celle en face du château), et à main dextre, est une chapelle de bonne invention,au devant de laquelle est un portique à coulonnes, avec planchier, lequel s’en va en ruyne, à faulte d’y estre pourveu. » Nousreviendrons plus tard sur l’invention de Philibert de l’Orme à propos des Tuileries.

3. Cependant l’immense château de Villers-Cotterets, tout au moins, est assez visible.

4. Il cite justement, de tous les châteaux du département, celui dont il reste le moins de traces.

5. Insuffisante raison pour un inspecteur général des monuments historiques.

6. Sans doute il fait allusion aux clôtures des chapelles de la cathédrale de Laon, qui ne semblent pas l’avoirbeaucoup intéressé.

7. « Balustrades ou jubés »; ce n’est pas tout à fait la même chose. La précision archéologique demandaitdavantage.

8. Rapport adressé au ministre de l’intérieur, en 1831, sur les monuments des départements de l’Oise, del’Aisne, de la Marne, du Nord et du Pas-de-Calais. M. Vitet a réimprimé le dit rapport en 1864, dans ses Etudes surl’histoire de l’art, 2 e série, p. 227 et ss., sans se préoccuper de combler dans une note, comme il l’avait fait ailleurs, leslacunes de sa première rédaction, ce qui prouve qu’il était toujours dans le même sentiment.